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Conception et mise en oeuvre d'outils et de services numériques - Accompagnement technique et support du réseau FormaVia
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[dossier C2i2e] Travailler et apprendre en réseau : un contexte et un environnement, des projets, des outils et des ressources (Accès: Lecture : Public)

le 6 Juillet 2012 par Florian Daniel   Commentaires (0)

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doc de travail

Contexte professionnel

Je travaille depuis 2007 chez Proposition, cabinet du conseil spécialisé en stratégie et projets publics numériques, pour des missions d'audit et de refonte de sites et portails, d'intégration d'approches participatives et "social media" dans la stratégie en ligne de collectivités et organismes publics, des benchmarks, études et évaluations de politiques publiques, d'organisation d'événements, et plus ponctuellement des formations. J'avais rejoint le cabinet dans le cadre d'un stage de fin d'études, finalisant un master 2 "TIC dans le développement territorial". Mes activités s'étaient progressivement orientées vers la manipulation des outils -numériques-, la veille et l'évaluation de ces outils : fonctionnalités participatives des sites web, CMS, blogs, wikis, plateformes "web 2.0" et réseaux sociaux, web sémantique et languages structurés d'échange de données, moteurs de recherche, outils de veille, de partage et de republication.

Les thématiques de prédilection de Proposition sont liées aux impacts du numérique sur la société, et ses missions menées avec le soucis de développer une éducation critique à ces usages numériques, dans une approche inclusive de l'appropriation des TIC. Le cabinet a ainsi beaucoup travaillé sur les questions d'accès accompagné au numérique, en s'intéressant au travail mené par ces structures diverses regroupées sous la dénomination générique d'EPN, ou en contribuant par exemple à la mise en place du réseau des ERIC en PACA.

Proposition est intégré au sein d'ITEMS International en 2009, structure qui compte maintenant une quinzaine de salariés et dont l'ancrage métier est le conseil stratégique et l'assistance à maîtrise d'ouvrage dans le secteur du numérique ; ITEMS Proposition en devient ainsi la branche spécialisée "Innovation et secteur public". Mes missions évoluent en parallèle : en autonomie, en assumant de plus en plus le rôle de chef de projet ; en montée en compétences techniques, en étant amené à gérer, puis mettre en place les outils numériques internes ou associés aux projets de nos clients ; en type d'intervention enfin, mes compétences évoluant vers la conception et la mise en oeuvre de plateformes collaboratives, et la formation à leur usage.

 

Le travail en réseau

Chaque projet est unique, et la diversité des missions menées, dans la configuration des acteurs concernés, l'étendue, la temporalité du projet ou l'ambition de ses porteurs constituent autant d'environnements de travail dans lesquels il s'agit de s'intégrer. Cette hétérogénéité s'accompagne de quelques constantes, qui constituent des caractéristiques du cabinet :

  • la dispersion des équipes et le travail en réseau : ITEMS comme Proposition travaillent fréquemment en réseau, en interne comme avec leurs clients et partenaires, et largement amenés à échanger hors des temps de réunion "sur place" ; même lorsque l'équipe est physiquement au même endroit -ou presque-, l'échange continu d'informations a fait de la messagerie instantanée l'un de nos premiers outils de travail, aux côtés d'un navigateur internet et de la messagerie classsique. La multiplicité des projets, missions et acteurs est en soi une injonction de travail collaboratif à distance : notre activité ne peut pas s'exercer sans cela ;
  • et la nécessité d'avoir des "lieux" partagés numériques, avec des sites ou intranets/extranets associés à chacun des projets : que ce soit pour partager les documents afférents à une mission, documenter un projet, partager de la veille thématique, réunir des contributions en ligne ou servir de support de préparation et de compte-rendu à une rencontre ou un événement, nous utilisons quotidiennement des outils de partage d'information, de gestion de contenus en ligne ou de travail collaboratif.

Parmi les pré-requis indispensables pour ce métier, savoir identifier qui sont les personnes et être soi-même facilement identifiable, au moins en terme d'expertise : c'est le rôle des réseaux sociaux généralistes ou spécialisés. Mes profils en ligne sont loin d'être exemplaires du point de vue de l'employabilité -ils ne sont ni exhaustifs, ni vraiment à jour-, mais ils pointent tous vers mes activités actuelles, et participent d'une logique de présence en ligne que j'appelle celle des "ambassades" : c'est là que je vais ponctuellement, et là où je retrouve mes interlocuteurs en fonction de projets précis. Certains groupes thématiques autour de l'aménagement et des TIC sur Viadeo, l'animation de wikis territoriaux via une liste de discussion, la cartographie d'information, des groupes de travail sur les SIG, l'open data, etc. La diversité des projets a créé l'accumulation des profils et particiaptions en ligne, diversement maintenus en fonction de leur niveau de confidentialité, mais avec toujours au moins un lien avec la "maison", un site personnel dont la principale fonction depuis 2007 est précisément de relier ces fragments d'identité éparpillés.

Un environnement de travail à géométrie variable, et des outils pour travailler à distance : http://id.formavia.fr/pg/pages/view/37967/

 

Veille et apprentissage en réseau

La teneur même de nos missions, toujours associées de près ou de loin au numérique, impose d'explorer constamment les thématiques connexes pour pouvoir conseiller utilement nos clients, et donc de mener une veille régulière sur des questions techniques, d'usages, d'appropriation, de formation ou de politiques publiques. En fonction des projets, ou plutôt en anticipation, il est crucial pour nous de savoir se saisir rapidement de nouveaux sujets, et d'être en mesure d'avoir un avis motivé ou la capacité d'approfondir rapidement un sujet précis.

La veille, et en particulier la veille partagée, en réseau, permet de remplir une partie de ce rôle, en gardant à l'esprit de nombreuses thématiques connexes aux sujets qui nous occupent dans un cadre précis. Elle s'appuie sur plusieurs types d'actions :

  • la mise en place et l'utilisation d'une veille "automatisée", pull ou push, sur la base de fils RSS regroupés sous Netvibes ou son alternative opensource POSH - ou manipulés via Yahoo Pipes, d'alertes mail et de lettres d'information, de groupes de veille thématiques ou plus généraliste ;
  • l'échange d'une veille "sociale" en ligne, qui commence entre collègues du même bureau, se consolide et se stocke sur Delicious, se prolonge et se discute via Twine ou Diigo, s'élargit sur Twitter, Linkedin, Viadeo, Facebook, et se valorise sous forme de fil RSS filtrés par tags (ex. veille collaborative "formavia" sur Delicious), de widgets et autres modules embarquéscomme des Pearltrees thématiques...
  • la participation à des événements, souvent dans le prolongement de la veille sociale en ligne, via la participation à des événements thématiques (Rencontres d'Autrans, Forum des usages coopératifs à Brest, Etés TIC à Rennes, Lift France à Marseille, les Journées Numériques de l'université Paris Descartes, des Carrefours des Possibles...) ou à des rencontres plus ponctuelles (conférences, barcamps, ateliers...) ;
  • enfin, et cela rejoint le début de la boucle, des personnes ressources, identifiées via les types d'actions qui précèdent, qui constituent un réseau de contact élargis, organisé en fonction des centres d'intérêt et de travail de chacun - ce réseau est d'autant plus riche et réactif qu'on l'alimente : la veille s'enrichit plus encore de celle des autres quand elle est partagée, et l'objet d'échanges et de discussions suivis.

Ces participations prennent parfois un angle plus actif, lorsque nous sommes amenés à mettre en place ou animer des communautés thématiques en ligne, voire des réseaux sociaux de niche. L'exemple le plus emblématique pour moi est lié à FormaVia lui-même, puisque c'est suite à la décision d'expérimenter une plateforme sociale des acteurs de la formation et des TIC, et au choix d'un framework opensource -Elgg-, sans budget technique associé, que nous avons engagé la constitution d'une communauté francophone des utilisateurs de ce logiciel libre au printemps 2009, afin de pouvoir trouver des coméptences et des prestataires éventuels lorsque le besoin s'en ferait sentir. L'engagement -bénévole- dans ce projet est devenu tel que j'en suis maintenant le principal animateur et responsable. Ce type d'activité trouve bien sûr des échos dans mon activité professionnelle, qu'elle enrichit de l'échange avec d'autres spécialistes, et fait aussi évoluer vers de nouvelles orientations.

Des personnes ressources : http://id.formavia.fr/pg/pages/view/37962/

 

Auto-formation tout au long de la vie

Si la veille participe à la composition d'un tableau global des questions numériques, elle doit souvent être complétée par des formations : celles-ci sont généralement justifiées par un besoin de montée en compétences rapide sur un sujet précis, souvent technique, et toujours abordables par une approche documentaire et/ou expérimentale. Il s'agit par exemple de comparer les caractéristiques de divers moteurs de recherche dits "sémantiques", ce qui présuppose de digérer une documentation éparse mais conséquente et parfois contradictoire : sémantique, épistémologie du web et des réseaux, web 3 ou "des données", microformats, structuration des bases de données, etc.

Cette auto-formation s'appuie en majeure sur des ressources documentaires -souvent issues du web "profond"-, complétées par des forums spécialisés : développement web, SIG, administration de serveurs, formats et standards de données, visioconférence, jurisprudence de l'édition en ligne, etc. Les informations brutes issues de nombreuses sources demandent à être recoupées, triées, filtrées, et l'apport des pairs plus avancés se révèle toujours un excellent accélérateur dans l'appropriation de nouveaux concepts et pour l'exploration des notions connexes. Les collègues, partenaires, et finalement tous les interlocuteurs spécialisés sur d'autres thématiques constituent autant de sources et de prétextes de formation.

La notion même de frontière entre vie professionnelle et personnelle s'estompe et n'a plus guère de sens si l'on songe que ces interlocuteurs ne sont majoritairement pas des relations professionnelles, mais plutôt des relations liés à des centres d'intérêt communs, convergents, et que sur ces sujets, professsion et passions se confondent et se recoupent largement. Les compétences acquises sont d'ailleurs transverses, et souvent de nouvelles compétences s'acquièrent en transposant des usages personnels dans un champ professionnel, et vice-versa.

La veille "de stockage" garde une trace de ces temps d'auto-formation, totalement intégrés dans mes processus de travail : les thématiques ponctuelles évoluent en fonction des missions courtes, tandis qu'une large part de ces formations relève de sujets plus généraux et "de fond" qui se consolident au fil des années. Ces sujets "de fond" sont en particulier les outils de veille, les usages numériques et leur accompagnement, le développement web et les languages, le web sémantique et les formats d'échange de données, et enfin les interfaces : API, ergonomie, et cartographie de l'information.

La formation des autres nous forme nous-même, et ces activités d'abord très occasionnelles prennent une place croissante dans mes activités professionnelles depuis 2008, auprès de publics divers : étudiants de L1 (tout juste débarbouillés du bac), étudiants de master 2 spécialisé TIC, animateurs d'EPN, publics éphémères et diversifiés lors d'événements, développeurs web, agents et élus territoriaux des Départements pour les projets les plus récents. Ces formations sont généralement liées à l'usage d'internet en général, aux réseaux sociaux, aux outils web 2.0 et autres services collaboratifs, et plateformes sociales en ligne. La démarche développée est celle de l'appropriation par l'usage, en combinant expérimentation exploratoire et documentation critique pour initier les débats. Plusieurs de ces formations s'appuient sur des plateformes sociales co-construites avec les bénéficiaires de ces formations, et l'utilisation -dans ce cadre de confiance- des outils mobilisés par les formations, ou qui illustrent les concepts mis en avant.

 

Eléments de preuve :

  • CV en ligne et agrégateur de ma veille : http://id.facyla.net/
  • Profils en ligne : Viadeo, Linkedin, FormaVia, Fing, etc.
  • Services de veille, collecte et partage d'informations : Netvibes, Delicious, Pearltrees, et d'autres dans le cadre de tests : Diigo, Twine...
  • Plateformes sociales utilisées comme supports de formation (en plus d'autres usages) : Départements en réseaux, plateforme sociale de la mention IESTIC (TIC et Sciences Sociales) http://w3.tic-ecosociale-gestion.univ-tlse2.fr/