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Blog de François Duport

Creative Commons, l’auteur reprend ses droits (Accès: Lecture : Public)

le 19 Septembre 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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Je suis consultant et publie l’ensemble de mes productions sous licence Creative Commons. Cela augmente ma visibilité sur le web et cela me ramène des clients. De la même manière, l’ensemble des publications sur FormaVia sont sous licence Creative Commons.Les licences Creative Commons sont les enfants d’un mouvement ancien. C’est une forme de décentralisation jusqu’à l’utilsateur final.

La présentation se déroule en quatre points

1/ Une petite histoire des origines pour planter le décor

2/ Ensuite, comment se servir des licences Creative Commons.

3/ Quelques outils pour enrichir vos formations

4/ Et enfin une mise en perspective. Vous verrez, c’est surprenant

Une longue histoire...

Donc commençons par le commencement avec la tragédie des biens communs

L’histoire est simple. La tragédie des biens communs concerne des ressources, qui sont soit en libre accès, soit propriété d'une communauté d'acteurs. Personne ne s’en occupe et tout le monde cherche à en profiter au maximum. La surexploitation crée au final une tragédie.

Dans le numérique, c’est diffèrent. L’espace est illimité et on peut facilement dupliquer, améliorer, transformer une ressource. C’est l’économie de l’abondance.

Dès le début de l’informatique, dans la mouvance de la culture Beatnik, les chercheurs partageaient leurs travaux et le code informatique. Il faut lire le manifeste “la cathédrale et le bazar” pour comprendre la démarche. L’auteur, Eric Raymond, est l’un des co-créateurs du terme open source. 

Open source ne veut pas dire gratuit. L’open source est du reste une industrie extrêmement rentable. De par sa nature même, l'open source est voué à devenir plus utilisé que les technologies propriétaires, parce que plus performant et évolutif.On peut aussi constater aujourd’hui que de nombreuses solutions alternatives existent face aux réponses propriétaires. Et cela ne fait que commencer.

Professeur de droit à l'université de Stanford, Lawrence Lessig est le fondateur de Creative Commons. Le risque majeur, selon Lessig est le suivant : « que l'innovation se retrouve contrôlée par les grands propriétaires de réseaux, de licences et de copyrights. Que notre créativité soit corsetée par une architecture de contrôle centralisée. L'enjeu actuel se joue sur le terrain juridique, où l'ancien modèle de protection intellectuelle ne répond plus aux besoins de la société en réseau. » Son livre L'Avenir des idées : le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques est disponible en ligne dans sa version française.

C’est une guerre de tranchée. D’un côté les lois s’empilent pour restreindre les libertés et renforcer les monopoles des ayants droits : LOOPSI, Hadopi, ACTA, et autres. De l’autre, des collectifs militants s’organisent pour favoriser l’échange, la créativité et l’innovation. Le prospectiviste Jeremy Rifkin, résume la situation actuelle dans son livre la troisième révolution industrielle : “La relation antagonique entre vendeurs et acheteurs cède la place à une relation coopérative entre fournisseurs et usagers. La propriété intellectuelle de l’information est éclipsée par un nouvel accent sur l’ouverture et la confiance collective. (..) Par conséquent, l’accès aux vastes réseaux mondiaux devient une valeur aussi importante que les droits de propriété privée aux XIXe et XXe siècles.” On peut le comprendre. Les propriétaires freinent des quatre fers.

L’affrontement est autant idéologique qu’économique. Il suffit de lire Cause commune : l’information entre bien commun et propriété de Philippe Aigrain : “L’information et ses technologies refaçonnent notre univers technique, social et éthique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposées selon que l’on choisit d’en encourager l’appropriation privée ou d’en faire des biens communs.”

Consultez  la carte européenne des systèmes de régulation et filtrage de l’internet en faveur du copyright, réalisée par OWNI. Et faite vous votre propre opinion.

Ou encore le blog S.I.Lex… L’auteur, Aka Lionel Maurel, Juriste & bibliothécaire décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique. Il traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement.

Creative commons mode d'emploi

C’est quoi en fait les Creative Commons ? Les licences Creative Commons viennent combler le manque entre Copyright et Domaine Public. Et renverser la logique du droit d’auteur… Quatre éléments qui se combinent entre elles permettent de proposer six licences. Creative Commons propose gratuitement six licences qui permettent aux titulaires de droits d’auteur de mettre leurs oeuvres à disposition du public à des conditions prédéfinies. Les licences Creative Commons viennent en complément du droit applicable, elles ne se substituent pas au droit d’auteur.

Simples à utiliser et intégrées dans les standards du web, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les oeuvres dérivées et les conditions de redistribution.Voici les quatre éléments de base.

Elément de base numéro 1 : la paternité. En France, c’est un droit inaliénable.  Elle est donc présente dans toutes les licences. Vous laissez le public copier, distribuer,  

éléments de preuves pour EmaEval (Accès: Lecture : Public)

le 20 Août 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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Domaine A : Compétences générales liées à l’exercice du métier

A1 Maîtrise de l’environnement numérique professionnel

 

A11. Identifier les personnes ressources TIC et leurs rôles respectifs au niveau local, régional et national 

Réseaux sociaux : appartenir à différents groupes thématiques sur différentes plates formes (Linkedin, Facebook, Viadeo, Twitter), liste de diffusion, lettre et réseaux professionnels permet de repérer les personnes ressources influentes et surtout de nourrir sa réflexion au long cours. 

 

Le document veille documentaire et sociale présente la cartographie de ma présence sociale et des exemples des bénéfices que l'on peut tirer dans la participation à ces réseaux et communautés, mais aussi de ses limites.


A12. S’approprier différentes composantes informatiques (lieux, outils, ...) de son environnement professionnel. 


A13. Choisir et utiliser les ressources et services disponibles dans un espace numérique de travail (ENT). 

Espace personnel d'apprentissage : dans le cadre du CFA, nous avons mis en place une ferme de blogs. Un module cahier de textes pourra y être intégrer si nécessaire. Cette solution offre plus de souplesse dans le contexte d'un apprentissage en alternance et compatible avec des systèmes hétérogènes (entreprise, établissement, privé). Cela ne correspond pas à un ENT mais pourrait se rapprocher d'un espace personnel d'apprentissage ouvert et interconnecté au réseau. 

La ferme de blog ouvre en septembre, mais nous avons expérimenté son usage pour un premier groupe de formateur. L'un des blog est présenté dans le document.  



A14. Choisir et utiliser les outils les plus adaptés pour communiquer avec les acteurs et usagers du système éducatif. 

Dans le cadre des différents ateliers de formation / action, la démarche d'explorer différents outils et de ses usages avait pour objectif de fournir aux participants, de façon transverse, une boite à outils pédagogiques pour varier les approches : 

- carte mentale, 

- outil de publication collaborative

- outil de veille 

- etc.



A15. Se constituer et organiser des ressources en utilisant des sources professionnelles.

Dans les différents outils aborder pour organiser sa documentation, nous avons aborder plusieurs outils de gestion de favoris en ligne comme delicious ou pearltree. J'utilise pour ma part delicious et twitter et valorise celle-ci avec Scoop-it comme outil de curation.  

L'important dans les stratégies de veille est de lier :

·       recherche d'informations 

·       archivage renseigné (résumé et mots clés)

·       enrichissement par le réseau social

·       valorisation par la curation ou l'écrit

Les différents documents présentent la méthodologie enseignée et ses bénéfices. Le groupe du CFA commence à construire une veille collaborative afin de mutualiser l'effort de présence et d'action dans les différents réseaux et de sa valorisation.

 

A2 Développement des compétences pour la formation tout au long de la vie

 

A21. Utiliser des ressources en ligne ou des dispositifs de formation à distance pour sa formation. 
La mise en oeuvre des micro-conférence est un dispositif de formation à distance avec des usages synchrones et asynchrones, permettant la collaboration et la diffusion auprès du plus grand nombre. L’explication de la démarche se trouve dans le document Les mondes numériques, un univers pédagogique.

 

A22. Se référer à des travaux de recherche liant savoirs, apprentissages et TICE. 

Travaux de recherche et blogosphère : la présence sur les réseaux permet de repérer les personnes ressources et de s'appuyer sur leurs travaux de recherche. Les sujets abordés ne sont pas obligatoirement liés à la discipline, il faut donc faire une translation pour adapter la réflexion à un usage particulier.

J'ai présenté plus particulièrement le connectivisme et ses usages dans les documents le réseau, et moi, et moi ainsi que une veille documentaire et sociale

voir également les notes A.11, A.15 et A.23

 

 

A23. Pratiquer une veille pédagogique, institutionnelle, scientifique à travers des réseaux d’échanges concernant son domaine, sa discipline, son niveau d’enseignement.

Veille : la méthodologie de veille repose sur un chainage d'outils, de la curiosité et une bonne dose de sérendipité. Cela nécessite un suivi des réseaux sociaux (Twitter par exemple), des flux RSS d'actualité (avec google reader ou NetVibes).

J'ai réalisé une micro-conférence sur ce sujet. 

 

 

A3 Responsabilité professionnelle dans le cadre du système éducatif

 

A31. S’exprimer et communiquer en s’adaptant aux différents destinataires et espaces de diffusion (institutionnel, public, privé, interne, externe...). 

Présence et publication multi-support : cette approche s'utilise aussi bien dans un contexte pédagogique que dans le cadre d'animation d'évènement.

Avant une rencontre, nous proposons des ressources liées au sujet avec des éléments de veille et une sélection de lien utile.

Pendant les rencontres, nous utilisons Twitter pour avoir un feed-back de la part des utilisateurs présents et pour que les personnes à distance puissent suivre l'événement.  Nous ouvrons également un framapad (traitement de texte en ligne) pour une prise de notes collective.

Les présentation donnent la part belle à l'image avec peu de texte, parce qu'elle permet d'ancrer le discours.

Après la rencontre, tous les supports sont publiés et réorganisés éditorialement en fonction des publics cibles (participants, institutionnels, grand public) et dnas différents médias (facebook, slideshare, twitter, FormaVia, etc.).

La conférence "écrire sur le web" a été très suivi et les participants demandent tous un accompagnement spécifique sur ce sujet. 


A32. Prendre en compte les enjeux et respecter les règles concernant notamment : la recherche et les critères de contrôle de validité des informations ; la sécurité informatique ; le filtrage internet. 

Filtrage et censure : au sein du CFA, 

·       après échange entre les personnes concernées, les filtrages s'organisent au regard des besoins pédagogiques

·       la charte doit être réécriture en prenant les usages des apprentis qui possèdent en majorité des smartphones

·       le personnel commence à réaliser une veille et à repérer les différentes modalités de recherche pour trouver une information ou un document pertinent (croisement des sources)

Les échanges, les discussions, la découverte d'usage ont permis de changer le cadre des usages tout en affirmant le cadre légale de toutes publications (interdiction de pédophilie, racisme, etc.).

La censure, désormais, est en voie d'être co-construite par l'équipe pédagogique. 

 

voir le juridique, un SI.Lex dans la chaussure ainsi que la loi hors la loi


A33. Prendre en compte les lois et les exigences d’une utilisation professionnelle des TICE concernant notamment : la protection des libertés individuelles et publiques ; la sécurité des personnes ; la protection des mineurs ; la confidentialité des données ; la propriété intellectuelle ; le droit à l’image. 

 

Loi de la propriété intellectuelle : j'ai réalisé une micro-conférence sur les licences Creative Commons. J'utilise dans mes présentations des ressources du même type (photo, vidéo, texte) ou des ressources tombées dans le domaine public. Les productions de FormaVia sont publiés également sous licence CC. C'est une posture importante dans un secteur où le savoir doit être considéré comme un bien commun.  

 

Voir Le juridique, un S.I.Lex dans la chaussureLa loi hors la loi etCreative Commons, l'auteur reprend ses droits.

 

A34. Respecter et faire respecter la(les) charte(s) d’usage de l’établissement, notamment dans une perspective éducative d’apprentissage de la citoyenneté.

Concernant la protection des libertés individuelles, la sécurité des personnes ou la confidentialité des données.... Le numérique montre chaque jour que ceux sont les entreprises et les institutions qui enfreignent la loi. Nous sommes tous pistés. Paradoxalement, il serait plus important aujourd'hui d'apprendre aux citoyens à effacer leurs traces et à rentrer dans la clandestinité du web.

Le numérique ne peut pas rentrer dans une bouteille et s’arrêter aux portes de l’établissement. Apprendre à vivre avec le numérique, c’est accepter de prendre le risqué de definir collectivement une charte d’usage.

Voir Le juridique, un S.I.Lex dans la chaussureLa loi hors la loi 

 

 

 

 

Domaine B : Compétences nécessaires à l’intégration des TICE dans sa pratique d’enseignement

 

B1 Travail en réseau avec l’utilisation des outils de travail collaboratif

 

B11. Rechercher, produire, indexer, partager et mutualiser des documents, des informations, des ressources dans un environnement numérique. 

communauté de pratiques : les membres participent bénévolement à ces communautés et définissent eux-mêmes ses objectifs. Les membres proviennent d'horizons différents (disciplinaire, structure, métier). C'est ce qui en fait sa richesse. L'animateur joue un rôle de facilitateur et d'organisateur des échanges. Mais le processus est identique d'une communauté à l'autre. 

C'est tout d'abord la mise en place d'une veille collective qui permet par la suite de développer un langage commun. Nous mettons donc en place une page NetVibes avec les flux RSS en relation avec le sujet. Selon la communauté, on peut mettre en place un outil comme Pearltree ou autre, ou encore un outil de curation. 

Cette étape nécessite un apprentissage des modalités pratiques de la veille et de ses usages.

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques ainsi que l'apprentissage social connecté

 

B12. Contribuer à une production ou à un projet collectif au sein d’équipes disciplinaires, interdisciplinaires, transversales ou éducatives. 

Communauté de pratiques (2) : la communauté s'assigne un objectif. Ainsi, dans le réseau FormaVia, celle pour la culture numérique en Rhône Alpes s'était assigné un double objectif. 

Le premier était de définir un cadre de compétences pour les professionnels, nous nous sommes appuyés sur le référentiel du C2I2E qui a donné par la suite lieu à l'expérimentation.  On peut considérer que cet objectif collectif est atteint.

Le second était de définir les besoins en compétences du grand public. Nous devrions nous appuyer pour parti sur le référentiel du B2I adulte mais aussi de construire un dispositif pour la région Rhône-Alpes. 

Au regard des enjeux, la démarche ne peut qu'être pluridisciplinaire et transparente.

 

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques ainsi que l'apprentissage social connecté

 

 

B13. Organiser, coordonner et animer un travail en réseau au sein d’équipes disciplinaires, interdisciplinaires, transversales ou éducatives

Communauté de pratiques (3) : l'animateur rédige les synthèse, relance les participants, organise le projet facilitant la coopération puis la collaboration (nécessitant un fort sentiment de confiance). 

La récurrence dans l'utilisation d'outils collaboratifs entraîne peu à peu l'habitude à la collaboration (exemple : utilisation systématique de framapad dans la prise de notes).   

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques ainsi que l'apprentissage social connecté

 

B2 Conception et préparation de contenus d’enseignement et de situations d’apprentissage

 

B21. Identifier les situations d’apprentissage propices à l’utilisation des TICE. 

Processus itératif : Dans le cadre du CFA, nous créons des scenarios pédagogiques qui sont testés puis discuter en groupe. Cela doit permettre de definer un plan d’investissement dans le materiel, d’améliorer le firewall (sites accessibles ou non) et les différents usages pédagogiques et ses contraintes.

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques

 

B22. Concevoir des situations d’apprentissage et d’évaluation mettant en œuvre des logiciels généraux ou spécifiques à la discipline, au domaine et niveau d’enseignement. 

Processus essai/erreur : les logiciels généraux sont testés dans différentes matières (voir B.21). C’est la mise en commun et le processus iterative qui permet de stabiliser et d’améliorer les pratiques. Les logiciels et ressoures specialises seront abordés dans second temps, sauf pour les mathématique où le site Sesamath est une source inépuisable d’idées.

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques

 

B23. Concevoir des situations d’apprentissage et d’évaluation mettant en œuvre des démarches de recherche d’information. 

Formation action au CFA : Dans la formation aux outils, il est demandé au préalable de faire une recherche sur les didacticiels existants et d'ouvrir un compte pour tester les fonctionnalités. Et de réaliser une recherche sur les usages pédagogiques possibles de cet outil.

Le participant doit ensuite présenter sa recherche aux autres membres du groupe. Il publie ensuite sa recherche son support de présentation et ses réflexions sur son blog personnel. 

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques

 

B24. Préparer des ressources adaptées à la diversité des publics et des situations pédagogiques : en opérant des choix entre les supports et médias utilisables en respectant les règles de la communication. 

Micro-conférence : les micro conférence mise en place dans le réseau FormaVia permettent de gérer de la distance et du temps synchrone et asynchrone. En amont, il y a nécessité de storyboardé la présentation (réalisation du support, écriture du texte, enregistrement de la séquence, publication des supports), puis animation des échanges lors d'une conférence téléphonique. Une conférence regroupe entre 2 et 15 participants. J'ai construit deux micro-conférence et elles ont servi de sujet de discussion lors de différentes rencontres présentielles du réseau.

Voir les mondes numériques, un univers pédagogiques


B25. Concevoir des situations ou dispositifs de formation introduisant de la mise à distance.

Idem B.31

 

B3 Mise en œuvre pédagogique

 

B31. Conduire des situations d’apprentissage diversifiées en tirant parti du potentiel des TIC (travail collectif, individualisé, en petits groupes). 

Animation Post-It : dans le cadre d'une communauté de pratiques pour le B2I adulte, nous avons rassemblé une quarantaine de participants pour définir la feuille de route de celle-ci. Nous pensions au départ faire une carte mentale par petits groupes directement sur internet.

La salle ne possédant pas de connexion Internet sans fil, nous avons divisé le groupe par table de six participants. A chaque table était associée un thème. Les post-it servent à recueillir les attentes des participants. La synthèse permet de construire une carte mentale reprenant les réflexions des uns et des autres. Cette carte mentale a été ensuite reporté sur un logiciel en ligne (Mindomo) pour pouvoir l'enrichir par les présents et absents de la rencontre, de même que le compte rendu. 


B32. Gérer l’alternance entre les activités utilisant les TICE et celles qui n’y ont pas recours. 

idem B.31

 

B33. Gérer des temps et des modalités de travail différenciés, en présentiel et/ou à distance pour prendre en compte la diversité des élèves, des étudiants, des stagiaires. 

Synchronisation : on ne téléphone pas à distance... Et le numérique impose une synchronisation des temps et des objets communicants. Remarque provocatrice sur les besoins de prendre en compte les temps longs de l'apprentissage. Au travers de ses communautés, FormaVia fonctionne comme un réseau d'apprentissage. Les échanges font émerger idées et projets. L'objectif est de donner aux participants des outils pour apprendre à apprendre et de développer un regard critique vis à vis du numérique. 

Concrètement, la conciergerie du jeudi permet d'accueillir les nouveaux et les personnes en questionnement. Les communautés s'inscrivent sur des temps de projet. Les ateliers permettent de s'essayer à un usage. Le réseau permet de répondre aux questions. Cette synchronisation des attentes se démultiplient quand les participants se sentent assez autonome pour utiliser les ressources infinis du web social.  



B34. Utiliser les TICE pour accompagner, tutorer des élèves, des étudiants, des stagiaires dans la réalisation de leurs travaux, leurs projets, leurs recherches. 

Ferme de blogs : dans le cadre du CFA, la ferme de blogs sert à maintenir le lien entre le tuteur de l’entreprise, l’équipe pédagique et la famille. De surcroit, c’est un espace de valorisation de ses compétences professionnelles. Le blog sert également à valider des compétences relative au B2I.

 

B35. Anticiper un incident technique ou savoir y faire face.

Idem B.31

 

B4 Mise en œuvre de démarches d’évaluation

 

B41. Identifier les compétences des référentiels TIC (B2i®, C2i®) mises en œuvre dans une situation de formation proposée aux élèves, aux étudiants, aux stagiaires. 

Ferme de blogs : un blog permet d'améliorer des compétences de base comme l'écriture parce qu'il donne à être au delà de l'évaluateur, mais aussi permet d'évaluer de la compétence à produire des documents composites. Enfin, cette capacité à publier fait parti des compétences numériques des référentiels de l'Europe et de l'Unesco.

Ce constat je le fait aussi bien pour moi-même, que dans le cadre de mes activités au sein de FormaVia ou du CFA d'Alençon.  

Ecrire ce que l'on a appris, c'est de prendre le recul nécessaire et se distancier. Les feed back permet de prendre confiance en soi et d'acquérir plus de maitrise. Cette première étape est de l'auto évaluation progressive.  

Voir l'inflation normative de l'évaluation

 

B42. S’intégrer dans une démarche collective d’évaluation des compétences TIC (B2i ® ou C2i ®). 

Idem B.41

B43. Utiliser des outils d’évaluation et de suivi pédagogique

Enquête en ligne : les enquêtes réalisées sous google.doc permettent d'avoir un feed back en temps rééls de chaque animation et de l'améliorer au fur à mesure. C'est simple à mettre en place et permet de générer des tableaux de pilotage.

Voir l'inflation normative de l'évaluation

 

Pourquoi une page dossier de preuves C2I2E sous Scoop It ? (Accès: Lecture : Public)

le 6 Août 2012 par François Duport   Commentaires (0)

Ces deux dernières années, ans le cadre du réseau FormaVia, nous avons expérimenté le C2I2E pour des publics de la formation continue et des animateurs EPN. Un premier groupe de 17 personnes, les “pionniers”, a travaillé sur la compréhension du référentiel, ainsi que sur la mise en oeuvre d’un parcours de formation adapté. Ils sont les premiers en France à avoir ainsi validé cette certification nationale, puis un second groupe de 27 candidats.

Faisant parti de l'équipe, j'ai vécu le quotidien de ce projet mais j'ai aussi expérimenté, testé des idées, fait des erreurs, construit ma réflexion au fil de l'eau. Il me semblait intéressant de faire l'exercice et de publier l'ensemble pour faire face à la citique, jouer la carte de l'évaluation des foules. Vos remarques pourraient permettre d'élargir l'aventure et de donner des idées. Pourquoi Scoop-it ? Scoop-it permet de regrouper des éléments disparatres et consolider l'ensemble.  

Ce dossier n'est pas académique. Il mélange réflexions personnelles, expériences et retours d'usage. Le dossier de preuves est composé de 5 documents balayant les 27 compétences du référentiel : 

Les autres documents sont des annexes correspondant à des articles plus ancien. 

L'ensemble des ressources de ce dossier de preuves est publé sous licence Creative Commons (paternnité et partage à l'identique).

L’inflation normative de l’évaluation (Accès: Lecture : Public)

le 6 Août 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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culture numérique, ingénierie pédagogique

Le hasard de la veille, ou sérendipité,  est fécond en réflexions. Ainsi, la présentation de Charles Hadji - Grenoble 2 -  Faut il avoir peur de l’évaluation me fait poser question sur la justesse de regard sur une culture numérique en émergence. Comment, pourquoi et quoi évaluer ? Et en ce qui concerne le numérique, c’est d’autant plus difficile que le sujet est en évolution permanente. Pour ma part, je crois qu’il serait nécessaire d’évaluer la capacité à apprendre à apprendre le numérique, la capacité à jeter un regard critique.

Le regard de l’autre

En écrivant et en rendant public son travail, on se met sous le regard de la critique. La transparence est exigeante mais elle permet d’améliorer en permanence son regard sur son travail par la démarche réflexive, mais aussi grâce aux commentaires pour une démarche itérative, dont le principe d’essai / erreur prend tous son sens. C’est pour cette raison que je publie l’ensemble de mon dossier de preuves sous licence Creative Commons et d’une façon organiser pour valoriser différents écrits produits à différents moments. J’ai utilisé Scoop-it pour faciliter l’organisation éditoriale : 

Pour moi, le ePortfolio  peut dans ce principe être considéré comme outil d’évaluation, collective et institutionnel. L’auteur en est propriétaire et c’est lui seul qui décide de son ouverture. Ainsi, concernant le dossier de preuves, je ferai une publicité à la rentrée via Twitter pour avoir des commentaires. C’est une expérience d’évaluation auprès d’une grande population. Cette démarche est pour moi complémentaire aux évaluations classiques comme les enquêtes réalisées lors de l’expérimentation C2I2E au sein de FormaVia sous google.doc.

 

 

De la même manière, la démarche B2I adulte pourrait se construire comme un ePortfolio individuel et collectif présentant une collection de travaux faisant preuve et pouvant être évalué.

Cette publication au plus grand nombre, c’est Read/write du web où l’amateur peut être diffuseur de sa production. C’est en ce sens que le web s’inscrit dans une nouvelle logique culturelle où le populaire devient visible. C’est d’autant plus important que ces travaux publiés sont valorisants et permettent à l’auteur de développer son estime et sa confiance au fur à mesure. La compétence de publication est présente dans les référentiels et déclaration de l’Europe comme de l’UNESCO.

Ainsi Mario Assselin explique qu’Internet forme, l’éducation se transforme dans un article du web pédagogique. « La capacité des apprenants à devenir eux-mêmes des producteurs de contenu — à diffuser tout genre de textes/sons/images/vidéos sans intermédiaire et sans connaitre les langages de programmation — contribue à résoudre l’équation de l’accès aux connaissances dans un mode distribué. Connecter, échanger et contribuer, devenir plus responsables de ses apprentissages, voilà l’essentiel des ingrédients de ce mode plus collaboratif, d’où l’utilisation du terme « Web 2.0 » pour désigner cet Internet devenu bidirectionnel. »

C’est la raison de la ferme de blogs du CFA d’Alençon. Cela devrait permettre aux apprentis de présenter leurs apprentissages, quelque soit la filière professionnelle, et fournira la preuve de compétences propre au B2I.

Pour suivre ces fils d’information, aussi bien pour les blogs de FormaVia que ceux du CFA, j’utilise un compte NetVibes :

http://www.netvibes.com/privatepage/2 - blogs_C2I2E

 

 

Le juridique : un Silex dans la chaussure (Accès: Lecture : Public)

le 15 Juillet 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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S’il fallait suivre un blog sur le sujet, ce serait bien S.I.LEX. En effet, son auteur, Calimaq, décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique. Comme il le dit joliment, Calimaq « traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement ».

Bref, il faut clairement séparer les règles communes (droit), des usages (charte). Et enfin aborder les transformations publiques – et ses polémiques - qu’implique le numérique.

La protection et les devoirs

Tout interdire est la solution la plus simple pour un établissement. C’est une protection qui ne répond pas aux besoins pédagogiques mais protège et rassure. C’est la raison qui explique un excès discrétionnaire de filtrage des données et des services. Que ce soit au niveau d’une académie ou d’un établissement. Les règles ne sont pas identiques pour tous. Dans l’un Twitter sera accessible et dans l’autre non.      

Donc, il est important au niveau d’un établissement de préciser le cadre légal d’utilisation du numérique par ses acteurs, et ensuite de préciser les besoins d’usage. Ces règles sont les mêmes que pour les autres médias et concernent les mentions légales :

 

  • ·      l’incitation à la haine raciale et les propos racistes, antisémites et xénophobes,
  • ·      la négation de crimes contre l’Humanité et des génocides reconnus, et l’apologie des crimes de guerre et/ou du terrorisme,
  • ·      les propos à caractère homophobe ou sexiste,
  • ·      les propos d’une nature violente, pornographique ou pédophile,
  • ·      la diffamation et les injures entre internautes ou à l’égard d’une tierce personne,
  • ·      les atteintes à la vie privée ou à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité,
  • ·      le non-respect du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle,
  • ·      l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’apologie des stupéfiants,
  • ·      l’appel au meurtre et l’incitation au suicide,
  • ·      la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire.

La charte comme définition des règles de vie

La charte précise les contextes d’usage (exemple : protection des mineurs) et les objectifs de l’établissement (droits et devoirs). Ainsi, dans le CFA d’Alençon, il apparaissait qu’il fallait prendre en compte l’usage des apprentis (15-25 ans) avec leurs téléphones portables, les besoins des formateurs d’accéder à certains services web, une simplification d’accès au wifi, etc.

Ce qui est prévu, c’est de définir un cadre d’usage au sein de l’établissement et dans le réseau social de l’établissement associé ainsi qu’une sensibilisation à la question de l’identité numérique. La charte sera moins restrictive mais aura un rôle pédagogique. Ce travail est en cours.

De même, pour FormaVia, il y a une distinction entre les mentions légales et la charte du réseau. Ensuite, dans le quotidien des projets, en cas de reportages photo ou vidéo, nous demandons l’autorisation. L’important n’est donc pas d’interdire mais donner les moyens à l’utilisateur d’être au fait de ses obligations et de ses droits, notamment dans une perspective éducative d’apprentissage de la citoyenneté.

Le citoyen  

La censure est certes une arme de dissuasion, mais elle n’est pas un outil d’émancipation…  Nous sommes confrontés à une réalité complexe où les règles en vigueur laissent perplexes. Il suffit de lire la jurisprudence sur la responsabilité juridique dans les réseaux sociaux. C’est tour à tour le fournisseur d’accès, le directeur de la publication ou l’internaute. A croire que La loi est hors la loi… Sans compter un lobbying de tous les instants visant à restreindre les libertés, ce qui laisse le droit à la désobéissance civile.

De même que croire que le livre, la bibliothèque universitaire ou le site institutionnel serait confondant de naïveté. C’est plutôt de la méthode de recherche, d’un regard critique et de la capacité à s’étonner que se forge une approche permettant « la recherche et les critères de contrôle de validité des informations ». Le but du jeu est de dénicher Le vrai du faux ou le faux du vrai.

C’est pour cette raison, entre autres, qu’il me semble que les publications sous licence Creative Commons ont un intérêt dans la capacité à la critique. Le fait de caché augmente le plagiat sur le principe du « pas vu, pas pris ». En montrant, cela réduite le plagiat. En montrant, par processus, on augmente la qualité. Avec les Creative Commons, l’auteur reprend ses droits.


Microconférence - Creative Commons par FormaVia

 

écosystème informationnel (Accès: Lecture : Public)

le 4 Juillet 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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culture numérique

Mon écosystème informationnel repose sur trois univers complémentaires :

 

  • -       mon univers personnel
  • -       mon environnement de travail
  • -       mes clients et équipes projets

 

Ils interagissent, sont poreux et en évolution permanente.

 

Indépendant et nomade, mon écosystème informationnel est dans les nuages afin de réduire les risques de perte de données et d’accéder à l’ensemble de mes projets et documents en tous lieux.  Mes back-up se trouvent sur DropBox (avec une synchronisation des données permanente entre ma machine en local et le serveur distant). Ce service est particulièrement intéressant pour le partage de gros dossiers.

D’autres part, j’utilise de plus en plus des services en ligne (gmail, googledoc, Twitter, framapad, delicious, pearltree, flickr, etc.) permettant un travail collaboratif avec des équipes distantes. Enfin, je publie la plupart de mes travaux sur des sites spécialisés (slideshare, Scoopit, dailymotion, etc.) et  m’appuie sur mes différentes communautés pour réaliser ma veille (Twitter, Viadeo, Linkedin, Facebook, etc.). Pour ne pas être tenu par l’un ou l’autre service propriétaire, je duplique automatiquement l’information d’une plateforme à l’autre ce qui rend difficile de privatiser mes données et me permet de changer de services en fonction de l’évolution des règles d’utilisation de ceux-ci.

Plutôt que de faire une copie d’écran de chacun de ces services, le plus simple est de faire une recherche sur google avec fduport ou françois Duport :

 

Ainsi, je peux gérer les accès à mes informations en dégradé du public, semi privé, privé et personnel. Les données sensibles sont cryptées. Et il m’arrive d’utiliser des modes de navigation ne laissant pas de trace sur les réseaux. Bref, j’utilise toute la palette des possibles du réseau. Cela me permet de tester les différents niveaux d’interaction entre utilisateur et d’agir dans un cadre à géométrie variable en fonction des contraintes du client.

En local, j’utilise bien évidemment les logiciels standard de la communication, propriétaire et open source. Là encore,  l’idée est d’avoir une approche responsable et laïque de l’informatique.

Les Propulseurs

Les Propulseurs sont nés du regroupement d’entreprises de l’économie numérique et des médias. Ses principaux cofondateurs sont Anne-Caroline Paucot, François Duport, Luc Legay, Marc Leprat Sophie Chavenas, Lionel Paillès et Xavier de Mazenod. Les propulseurs sont à l’initiative des Explorateurs du web, participent aux activités de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), interagissent avec de nombreux acteurs des nouveaux médias comme La Boate à Marseille. Les Propulseurs conçoivent des programmes et des dispositifs innovants (ateliers, Explorcamp, Barcamp…), animent des sites et réseaux sociaux (rédaction, médias, marketing, community management), organisent des dispositifs de formation. Nous intervenons en tant que conseil aux entreprises sur leurs stratégies web et des bons usages du numérique, mais aussi comme concepteur et animateur d'événements.

Ce réseau d’acteurs est source d’inspiration puisque nous partageons notre veille, nos expériences et nos réseaux. Nous partageons un espace de coworking facilitant les échanges et interaction. Cela permet de croiser les regards  et réaliser des translations entre différents projets. La ligne Skype est en permanence ouverte pour coordonner nos actions.
Cette base documentaire et sociale me permet de répondre aux différentes attentes de mes clients. Cette organisation sera détaillée dans la partie veille.

 

Des clients et des équipes projets

 

Mes clients sont pour la majorité en relation avec le monde la formation. J’interviens comme conférencier, ingénieur pédagogue et consultant. Pour chaque projet, il est nécessaire de s’adapter aux contraintes du système d’information du client et lui présenter des solutions lui facilitant la tâche. Cela demande une certaine agilité numérique.

Un exemple de situation. J’interviens régulièrement auprès du CFA-3IFA d’Alençon dans l’Orne en Basse-Normandie. Notre mission est de sensibiliser les professeurs aux usages pédagogiques du numérique, de mettre en place un réseau social pour les 1100 apprentis et d’élaborer un parcours de formation au Community Management. Cela implique de dresser une cartographie des contraintes de l’infrastructure, le parc machine et les règles d’accès au réseau afin de proposer des pistes d’évolution du système. Plutôt que de proposer un modèle de prêt à penser, nous sensibilisons les équipes aux différentes solutions possibles et les accompagnons dans une pratique plus agile d’internet. C’est aux utilisateurs de définir en conscience les droits d’accès.   

Au départ, la DSI (Direction des Services Informatiques) filtrait l’accès aux services externes. Peu à peu, en fonction des projets pédagogiques, le pare-feu remet à jour les sites bloqués et simplifie l’accès au wifi (mot de passe) en respectant les règles de sécurité comme le cadre juridique (tracking). 

Apport réflexif d’une organisation en réseau

Un exemple de situation. J’interviens régulièrement auprès du CFA-3IFA d’Alençon dans l’Orne en Basse-Normandie. Notre mission est de sensibiliser les professeurs aux usages pédagogiques du numérique, de mettre en place un réseau social pour les 1100 apprentis et d’élaborer un parcours de formation au Community Management. Cela implique de dresser une cartographie des contraintes de l’infrastructure, le parc machine et les règles d’accès au réseau afin de proposer des pistes d’évolution du système. Plutôt que de proposer un modèle de prêt à penser, nous sensibilisons les équipes aux différentes solutions possibles et les accompagnons dans une pratique plus agile d’internet. C’est aux utilisateurs de définir en conscience les droits d’accès.  

Au départ, la DSI (Direction des Services Informatiques) filtrait l’accès aux services externes. Le responsable informatique et le directeur d’établissement décident du filtrage. Aucune liste des sites interdits n’est dressée, ni des critères… Il en résulte des frustrations de la part des équipes pédagogiques. Pour exemple, le site de l’INA n’était pas accessible alors qu’il peut être un centre de ressources pour les cours d’histoire ou de français. 

La formation a servi à expliciter les règles du pare-feu, son fonctionnement. L’équipe pédagogique a pu exprimer ses attentes. Pour l’heure, il n’y a pas de règles communes, mais une compréhension des contraintes des métiers des uns et des autres. Peu à peu, en fonction des projets pédagogiques, le pare-feu remet à jour les sites bloqués et simplifie l’accès au wifi (mot de passe) en respectant les règles de sécurité comme le cadre juridique (tracking). 

Il faut également expliciter le contexte et des usages diversifiés. Les CFA fonctionnent sous une double tutelle (éducation nationale et ministère du travail). Pour celui d’Alençon, les 1100 apprentis de l’établissement travaillent en alternance (entreprise et CFA). Ils ont des usages numériques importants (Facebook principalement et téléphone portable). Les formateurs ont besoin de dialoguer à distance avec leurs apprentis. La plupart utilisent le mail. Le responsable de la section boucherie a ouvert une page Facebook. L’établissement possède deux salles informatiques et deux TBI. Enfin, il n’y a pas de projet d’ENT. C’est donc un projet d’établissement qu’il faut concevoir avec toutes les partis prenantes.  

Ce tableau rapidement brossé, il convient de poser les attentes :

  • -       Quels outils pour faciliter les échanges entre le CFA et les familles et les entreprises ?
  • -       Quels usages pédagogiques à développer dans l’établissement et hors de l’établissement ?
  • -       Quelles règles d’utilisation du réseau par le corps enseignant et par les apprentis ?
  • -       Pour quels objectifs et quels bénéfices ?
  • -       Quels investissements, à quel rythme, dans l’infrastructure et dans le matériel ?
  • -       Quel accompagnement des équipes ?
  • -       Sur quel réseau et acteurs s’appuyer pour développer ce projet d’établissement ?

 

 

Une veille documentaire et sociale (Accès: Lecture : Public)

le 4 Juillet 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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Se limiter à une veille institutionnelle, ou n’utiliser qu’un outil de recherche, revient à s’enfoncer dans la grotte de Platon et de ne voir que des reflets de la réalité. Le mythe des seuls savoirs académiques a vécu. La réalité est beaucoup plus féconde et innovante. Il convient désormais de faire des allers retours entre ces différentes formes de savoirs, développer un esprit critique et organiser une méthodologie de veille. 

Dans le cadre des micro-conférence, j’avais réalisé un petit film présentant les grands principes de la veille pédagogique. Cette approche liminaire n’explique pas les mécanismes et les bénéfices d’une veille organisée et collaborative.


Microconférence : "les grands principes de la... par FormaVia

Méthodologie de veille

Ma veille fonctionne en deux grandes étapes. La première consiste à repérer les sujets qui m’intéressent ou qui pourraient m’intéresser.  Je ne lis pas les articles ou les documents, je fais un premier tri à partir des sources suivantes :

 

  • -       moteur, slideshare, lecteur de flux, lettres d’information, colloque, rencontres professionnelles, NetVibes
  • -       Reseaux sociaux : Twitter, Viadeo, Linkedin

Cela consiste à marquer la ressource comme intéressante et à consulter ultérieurement. C’est un travail assez mécanique et qui prend entre ½ heures à une heure par jour. Il peut arriver d’avoir des périodes sans aucune veille. Pour gagner du temps, je mets des filtres (#TICE, #elearning, #ePortfolio, #EPN, etc.) pour accéder plus directement aux thèmes qui m’intéressent comme avec TweetDeck :


Il est possible également de mettre des filtres sur google reader et la plupart des outils de syndication de contenus. Le principe est de réduire le « bruit » et de gérer une grande masse d’information.

J’utilise Twitter comme une gare de triage en m’appuyant sur les groupes spécialisés et la time line de mes 1500 abonnés. 

Chaque fois qu’un article m’intéresse, je le twitte ou re-twitte. Voici un extrait de mes tweets  et de mon profil.

 

 Avec 1200 followers (personne abonné à mon compte), je suis une personne considérée comme influente sur Twitter. Ou plus modestement, que ma veille doit intéresser quelques personnes. Pour des recherches spécifiques, il m’arrive ainsi de m’appuyer sur mes communautés en posant des questions. En général, je reçois une dizaine de réponses dans la journée.

Ce matériel brut fait l’objet d’un second raffinage. Les médias (articles, documents, images, vidéo, etc.) qui me semblent digne d’intérêts sont classés dans mes favoris en ligne sur delicious. L’ensemble est synchronisé sur Diigo et Pearltree.  Ces espaces forment ma base documentaire. 

Diffusion et valorisation

Le faux du vrai et le vrai du faux est une façon de développer son esprit critique. Ce post écrit sur FormaVia présente ma posture vis-à-vis de ma veille. Le principe du journalisme est de croiser les sources d’information. Les erreurs institutionnelles étant innombrables autant que celles des réflexions populaires, il est nécessaire de cultiver le doute et mettre en pratique pour valider la plupart des contenus.

Cependant, à force de côtoyer le milieu, on repère les sources d’information fiables. Ceux sont les mêmes personnes qui interviennent lors de colloques ou de rencontres sur le numérique.

Je valorise une partie de ma veille grâce à un outil de curation, Scoop-It.  Voici un exemple d’une curation sur le thème des ePortfolio et portefeuilles de compétences. Les articles sont une sélection provenant de ma base documentaire.

 

Mots clés, résumés et publication

L’intérêt de cette veille est de pouvoir catégoriser l’information avec des mots clés et des résumés. Ainsi, il m’est possible de sélectionner une série de documents  par thématique comme sur Delicious. Ou de faire une recherche ciblée dans les favoris d’autres utilisateurs. Plutôt que de passer par un moteur de recherche généraliste, je puise dans la recherche de spécialistes.

 Mais il est aussi possible d’organiser une veille collaborative en organisant des équipes sous pearltree.

Tout cela est possible parce que la classification ou la publication d’un tweet ne prend que quelques secondes. C’est l’accumulation et le triage qui permet d’organiser une veille de qualité.

Bénéfices itératifs

Pour quel bénéfice ? Cela permet de rapprocher des informations pour construire une nouvelle réflexion, ou de nouvelles ressources. Et cela permet de rédiger des articles sur un blog ou des rapports avec une webographie assez exhaustive. Ce processus itératif s’explique en une seule image qu’a produit François Guité : 

 

Cette démarche s’applique autant au monde de l’éducation et de la formation que dans d’autres secteurs d’activité. 

 

Creative Commons, l’auteur reprend ses droits (Accès: Lecture : Public)

le 29 Mars 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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Je suis consultant et publie l’ensemble de mes productions sous licence Creative Commons. Cela augmente ma visibilité sur le web et cela me ramène des clients. De la même manière, l’ensemble des publications sur FormaVia sont sous licence Creative Commons.Les licences Creative Commons sont les enfants d’un mouvement ancien. C’est une forme de décentralisation jusqu’à l’utilsateur final.

La présentation se déroule en quatre points

1/ Une petite histoire des origines pour planter le décor

2/ Ensuite, comment se servir des licences Creative Commons.

3/ Quelques outils pour enrichir vos formations

4/ Et enfin une mise en perspective. Vous verrez, c’est surprenant

Une longue histoire...

Donc commençons par le commencement avec la tragédie des biens communs

L’histoire est simple. La tragédie des biens communs concerne des ressources, qui sont soit en libre accès, soit propriété d'une communauté d'acteurs. Personne ne s’en occupe et tout le monde cherche à en profiter au maximum. La surexploitation crée au final une tragédie.

Dans le numérique, c’est diffèrent. L’espace est illimité et on peut facilement dupliquer, améliorer, transformer une ressource. C’est l’économie de l’abondance.

Dès le début de l’informatique, dans la mouvance de la culture Beatnik, les chercheurs partageaient leurs travaux et le code informatique. Il faut lire le manifeste “la cathédrale et le bazar” pour comprendre la démarche. L’auteur, Eric Raymond, est l’un des co-créateurs du terme open source. 

Open source ne veut pas dire gratuit. L’open source est du reste une industrie extrêmement rentable. De par sa nature même, l'open source est voué à devenir plus utilisé que les technologies propriétaires, parce que plus performant et évolutif.On peut aussi constater aujourd’hui que de nombreuses solutions alternatives existent face aux réponses propriétaires. Et cela ne fait que commencer.

Professeur de droit à l'université de Stanford, Lawrence Lessig est le fondateur de Creative Commons. Le risque majeur, selon Lessig est le suivant : « que l'innovation se retrouve contrôlée par les grands propriétaires de réseaux, de licences et de copyrights. Que notre créativité soit corsetée par une architecture de contrôle centralisée. L'enjeu actuel se joue sur le terrain juridique, où l'ancien modèle de protection intellectuelle ne répond plus aux besoins de la société en réseau. » Son livre L'Avenir des idées : le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques est disponible en ligne dans sa version française.

C’est une guerre de tranchée. D’un côté les lois s’empilent pour restreindre les libertés et renforcer les monopoles des ayants droits : LOOPSI, Hadopi, ACTA, et autres. De l’autre, des collectifs militants s’organisent pour favoriser l’échange, la créativité et l’innovation. Le prospectiviste Jeremy Rifkin, résume la situation actuelle dans son livre la troisième révolution industrielle : “La relation antagonique entre vendeurs et acheteurs cède la place à une relation coopérative entre fournisseurs et usagers. La propriété intellectuelle de l’information est éclipsée par un nouvel accent sur l’ouverture et la confiance collective. (..) Par conséquent, l’accès aux vastes réseaux mondiaux devient une valeur aussi importante que les droits de propriété privée aux XIXe et XXe siècles.” On peut le comprendre. Les propriétaires freinent des quatre fers.

L’affrontement est autant idéologique qu’économique. Il suffit de lire Cause commune : l’information entre bien commun et propriété de Philippe Aigrain : “L’information et ses technologies refaçonnent notre univers technique, social et éthique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposées selon que l’on choisit d’en encourager l’appropriation privée ou d’en faire des biens communs.”

Consultez  la carte européenne des systèmes de régulation et filtrage de l’internet en faveur du copyright, réalisée par OWNI. Et faite vous votre propre opinion.

Ou encore le blog S.I.Lex… L’auteur, Aka Lionel Maurel, Juriste & bibliothécaire décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique. Il traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement.

Creative commons mode d'emploi

C’est quoi en fait les Creative Commons ? Les licences Creative Commons viennent combler le manque entre Copyright et Domaine Public. Et renverser la logique du droit d’auteur… Quatre éléments qui se combinent entre elles permettent de proposer six licences. Creative Commons propose gratuitement six licences qui permettent aux titulaires de droits d’auteur de mettre leurs oeuvres à disposition du public à des conditions prédéfinies. Les licences Creative Commons viennent en complément du droit applicable, elles ne se substituent pas au droit d’auteur.

Simples à utiliser et intégrées dans les standards du web, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les oeuvres dérivées et les conditions de redistribution.Voici les quatre éléments de base.

Elément de base numéro 1 : la paternité. En France, c’est un droit inaliénable.  Elle est donc présente dans toutes les licences. Vous laissez le public copier, distribuer,   afficher  ou jouer votre production et ses dérivées,  seulement s’ils vous créditent.

Elément de base numéro 2 : partage

vous autorisez les utilisateurs à modifier, mixer votre production. Mais en gardant les mêmes règles. Pas de privatisation possible. 

Elément de base numéro 3 : pas d’utilisation commerciale

Vous laissez le public copier, distribuer,  afficher  ou jouer votre production et ses dérivés seulement pour un usage non commercial. L’usage commercial nécessite votre accord.

Elément de base numéro 4 : diffusion, mais pas de modification de l’œuvre initiale.

Vous laissez le public copier, distribuer,   afficher  ou jouer votre production mais pas de modification possible.

Maintenant, on combine… Les quatre règles se transforme en six licences, du plus libre au plus restrictif. Vous pouvez à tout moment changer de licence. Les Creative Commons abaissent  les coûts de reutilisation d'une œuvre. Comme l’open source, cela n’empêche pas le business. Simplement, vous permettez certains usages. C’est la culture de la permission. Pour ma part, je pense que dans le cadre des appels d’offre public, il serait normal d’exiger que l’ensemble des ressources pédagogiques soit publié sous licence creative commons.

Rapidement quelques outils et services en liaison avec les creative commons.

Trouver des ressources sous licence CC, le moteur CC search

Dans la plupart des services comme flickr il y a dans la recherche avancée une option permettant de limiter la recherche aux contenus Creative Commons.

Cela concerne les photos, les textes mais aussi la musique… avec Jamendo. Vous en avez le choix et c’est de qualité.Aujourd’hui, plus de 40 000 albums sont disponibles sur Jamendo sous forme de morceaux gratuits, légaux et téléchargeables sous licence Creative Commons. Les musiciens chargent des centaines de nouveaux morceaux chaque jour. Creative Commons compte plus de 5 000 clients répartis dans le monde entier, ce qui comprend les clients commerciaux qui paient les licences pour utiliser la musique dans des "lms, des publicités et des émissions TV.

La video bien sûr

Mais aussi l’éducation. Sesamath est une association de professeurs de mathématique qui produisent des exercices, des cours de la sixième à la terminale. Il y a quelques années, ils ont commencé même à publier des manuels scolaires papier et éléctronique. Désormais, ils ont 20% du marché. Faite le calcul : la qualité, la gratuité et la quantité.

Voilà la courbe de progression des Creative Commons. Comme souvent, c’est toujours lent au démarrage, mais la courbe ne mollit pas.

Et demain ? On ne va s’arrêter en si bon chemin..

L’Open Data. C’est Une donnée ouverte et publique qui a vocation à être librement accessible. La philosophie pratique de l'open data préconise une libre disponibilité pour tous et chacun, sans restriction de copyrightbrevets ou d'autres mécanismes de contrôle. Cela concerne au premier chef l’Etat, mais aussi les collectivités territoriales et tous les organismes publics.

Move Commons est un outil simple pour les initiatives, les collectifs et les ONGS pour afficher les principes auxquelles ils souscrivent.

Allez sur TED pour voir cette histoire incroyable. Il se nomme Marcin Jakubowski et il propose 50 machines open source pour une exploitation agricole durable.

Le mouvement Open education, lancé par l’Unesco, se développe surtout dans les pays anglo-saxons. Mais ici aussi. Par exemple, le réseau Educagri est en train de basculer l’ensemble de ses ressources sous licence Creative Commons.

Enfin, cette image, tiré d’une présentation de Calimaq du blog S.I.Lex qui présente les différentes couches d’usage. Allez voir sa présentation. L’idée de base, c’est que le droit d’auteur fonctionne selon des schémas trop binaires – en noir et blanc – pour rendre compte de la complexité des phénomènes dans l’environnement numérique.

Une dernière pour la route… A vous de choisir. En apprentissage, je préfère la richesse de notre diversité à la pensée unique. Sur FormaVia, il y a une page sur les Creative Commons qui recense toutes informations pour approfondir le sujet.

 

Des rencontres inspirantes (Accès: Lecture : Public)

le 21 Février 2012 par François Duport   Commentaires (0)

culture numérique, cours, compte-rendu

Je suis intervenu dernièrement dans deux manifiestations pour présenter le réseau de FormaVia et plus précisment l'expérimentation C2I2E. Le sujet central était bien évidemment les compétences numériques pour les professionnels. C'était

-le colloque TIC Santé 2012

- Les journées ANCLI du numérique à l'Agence Nationale pour la lutte contre l'illetrisme

et les suivanes partie 2 et partie 3.

 

Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents ! 

A rebours, des questions revienent. Lors de ces deux manifestations, personne ou presque n'envoyait des Tweets. D'ailleurs les organisateurs n'avaient pas installés de mur de tweets. Il y avait un système de vote électronique au colloque TIC Santé et de la captation vidéo, mais pas un dialogue direct avec les participants. Dans la formation à l'ANCLI, deux personnes étaient venues avec leur matériel informatique.  Au même moment se déroulait la rencontre #Clair2012. Les partipants produisirent 4500 tweets de qualité  dont voici quelques exemples frappants :

- ppoulin RT @FrancoisGuite: #clair2012 La passion est la meilleure source d'apprentissage tout au long de la vie. Il suffit donc de faire naître la passion d'apprendre. -4:15 PM Feb 12th, 2012

- gauviroo RT @gpayette: La DéCLAIRation #clair2012 à lire, à commenter, à enrifichir, à faire circuler et ultimement à appuyer http://t.co/Fub87WWJ -9:25 PM Feb 11th, 2012

- juliebeaupre RT @d_vigeant: Regardez, innvovez, contaminez! RT @zecool: À visionner -> Réalisez-vous ? http://t.co/m2V801Bf #clair2012 RT @gauviroo / #ped2073sj -11:39 AM Feb 13th, 2012

On a discuté au moment des pauses. Les participants sont conscients des changements en cours, mais la mise en abime effraie : rapidité des changements en cours, interaction avec l'utilisateur, banalisation des savoirs, etc. La posture du formateur ou du corps médical change. Il doit être à l'écoute de son interlocuteur, descendre de son piedestal. Il y aura toujours des formateurs et des médecins, mais ils devront agir avec plus de transparence.  Comment intégrer dans ces rencontres une place à la participation et aux feed back ?

Deuxième élément, l'appétance des participants est importante. Autant il y a quelques années, le web 2.0 était un truc qui intéressait une minorité. Est-on proche du point de bascule ? Maintenant, c'est le grand public qui veut comprendre. L'institution se pose question. Mais elle craint de perdre pied. Je suis en train de lire  Comment Le Numérique Transforme Les Lieux De Savoirs  de Bruno devauchelle..Une citation résume la situation : "si une véritable culture numérique personnelle s'est développée (chez les professeurs), elle est restée à la porte de la classe. Si l'on a bien informatisé les notes, on n'a pas réellement modifié la façon d'évaluer les apprentissages" ? C'est que "en plaçant l'individu en premier, le numérique renverse un des schémas de la société traditionnelle de manière radicale".  La culture numérique est au centre des débats. Ce n'est plus un truc de spécialistes. Cela concerne chacun, en tant que parent, professionnel, citoyen.

Milad Doueihi, dans son dernier livre "Pour un humanisme numérique" résume assez bien la situation :  "Le numérique en tant que culture modifie de manière assez radicale notre rapport au temps, mais aussi avec l’espace habité et vécu. Or, ce qui caractérise l’humain est, hormis la langue et la pensée, la façon dont l’homme habite et modifie l’espace. Dans ce sens-là, le numérique demande à être regardé comme une forme d’humanisme."  Cela renvoie à cette célèbre  conférence de Michel Serres en 2007, à l'occasion des 40 ans de l'INRIA,  où il s'amusait à conclure par cette phrase humoristique :  « Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents ! ». En quelques sortes, reprendre en main son avenir et son humanité c'est pouvoir participer à la communauté de destin.  Quel rapport avec le secteur de la santé ou celui de l’illettrisme  ? A priori, rien de commun et pourtant… Fondamentalement, les compétences attendues sont de même nature.

La famille des B2I et C2I sont des compétences transverses. On peut même parler de culture ou d’acculturation autour de cinq notions  :

 

  • Connaître et comprendre son environnement numérique hardware et software)
  • Respecter le droit et comprendre ses limites (renvoi au débat citoyen et au débat de société)
  • Savoir choisir des outils en fonction des objectifs et savoir apprendre à apprendre (autoformation)
  • Savoir chercher, réaliser une veille et donc développer un appareil critique
  • Savoir travailler à plusieurs et les pratiques qui en découlent

Culture numérique avant tout 

 

Voici quelques réflexions sur l’usages du numérique les apprentissages… Et si le numérique était une opportunité pour apprendre autrement, adapté aux besoins de l’apprenant ?

On le comprend aisément les compétences attendues seront différentes entre l’élève et le professionnel. Et il est nécessaire de prendre un peu de recul historique pour comprendre le changement de paradigme en cours. En pédagogie, on passe des théories du béhaviorisme, constructiviste, puis socio-constructiviste. Georges Siemens parle désormais de connectisime. Cela nécessite un outillage et des pratiques innovantes pour le formateur. Cela demande de prendre le temps d’expérimenter et d’être à l’écoute des expérimentations de ses pairs. De casser le triptyque  : unité de temps, de lieu et d’action et de penser dans une logique de synchronisation. De changer de grille de lecture puisqu’en réseau. D’agir sur temps court (immédiateté d’internet et des réseaux) et sur le temps (construction d’une identité numérique apprenante). Cela nécessite un questionnement sur des certitudes qui se sont construites sur des siècles. Le besoin est d'apprendre une méthodologie d'apprentissage adapté à son besoin personnelle (profil d’apprentissage). Cela questionne bien évidement les logiques de normalisation. Le numérique est une clé supplémentaire pour le «  connais toi toi-même  » Et l’informel commence à s’installer sur la toile… bousculant encore nos certitudes.

Ainsi l’exclusion numérique et sociale fonctionne dans les deux sens. La FOAD pour les Homless aux Etats Unis et l’ordinateur dans le mur en Inde de Sugata Mitra montrent que d’autres approches sont possibles. 

Dans l’école mutuelle, l'organisation est totalement différente des méthodes d'enseignement simultané qui prévalaient alors  : un seul maître est nécessaire pour faire fonctionner une école jusqu'aux limites d'ordre architectural concernant la capacité d'accueil du bâtiment (jusqu'à plus de 800 élèves). Ce système peut fonctionner à plusieurs étages, avec desmoniteurs généraux, des  moniteurs intermédiaires  etc., jusqu'au niveau le plus bas des élèves débutants, tout le monde apprenant à son niveau et enseignant au niveau inférieur. Ainsi «Un enfant y trouve par définition toujours une place qui correspond à son niveau ... Les moniteurs ne sont que provisoirement les premiers dans le précédent exercice de la même matière  », et non pas les meilleurs élèves ou les plus âgés comme il sera de règle par la suite. C’était en 1815 et cela ressemblait furieusement à une approche en réseau, de pairs à pairs. (L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace  ? Anne Querrien, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005)

Plus proche de nous, dans le numérique, on procède beaucoup par essai-erreur. L’important n’est pas de savoir, mais d’expérimenter et d’avancer en boucle itérative avant d’arriver au résultat souhaité. D’utiliser le cerveau droit et le cerveau gauche, bref de sortir de la culture de l’écrit pour apprendre à écrire. Bref, de considérer que nous sommes tous différents et que cette diversité est source d’apprentissage.

Quelques exemples glanés sur le net 

Dans les années 90, on fournit à des gamins de Harlem des ordinateurs. Ils bidouillent du  html (langage de programmation pour la mise en page du web). Rapidement, ils possèdent une langue qui dépasse l’échec scolaire.

Dreamless est un photographe de talent. Il améliore son orthographe grâce à Twitter et aux réseaux sociaux, parce qu’il est lu. Ou Facebook qui permet aux enfants à haut potentiel de se retrouver. Ou encore ce ePortfolio pour les migrants au Quèbec qui permet de renouer avec sa communauté d’origine tout en approfondissant le français. Dans l’organisme de formation Côté Projets, il fabrique un roman-photo. A chaque fois, l’outil est un prétexte pour apprendre autrement.  

Lors d’une intervention à la M@ison de Grigny, Denis Lamontagne expliquait comment il enseignait avec les peuples premiers. Ils cherchaient ensemble avec des dictionnaires en ligne la définition des mots jusqu’au moment où le mot prenait du sens. Cette approche holistique correspond à leur construction mentale comme le prouve cette étude : redéfinir le mode d’évaluation de la réussite de l’apprentissage chez les Premières nations, les Métis et les Inuits. 

Apprendre en nuage de mots, c’est ce que propose ce dictionnaire des synonymes réalisé par le CNRS. Ou le programme Sankoré qui consiste à faire produire des ressources pédagogiques sous licence Creative Commons réemployable par tous les enseignants. Le logiciel de pilotage des tableaux blancs interactifs est open source. Mais aussi La Framakey orientée "dys" est une compilation de logiciels libres à installer sur une clé USB pour les élèves et les collégiens présentant un trouble spécifique du développement, les troubles "dys" : dysphasies, dyspraxies, dyscalculies, dyslexies-dysorthographies et TDA/H.

C’est aussi s’appuyer sur l’expérience des autres. Ainsi Marielle Potdevin, orthopédagogue, met à disposition de la communauté plus de 1000 ressources. A chacun de prendre et de donner

Un dernier exemple, au CIFA TP, les apprentis ont réalisé des films sur les dangers de l’alcool. Ils ont pris du plaisir à écrire les scénarios, à filmer, monter et diffuser. Bref, le numérique ne se limite pas à une connaissance d’outils mais c’est bien une culture ambiante qui offre de multiples possibilités.

Une check list pour commencer

On a produit ensemble une carte mentale présentant les bons et les mauvais côtés du web. Cette production composite est restée au stade du papier, mais représentait une diversité de points de vue.  

Pour finir une liste rapide des points pour commencer :

  • Commencer petit : une culture se construit dans la durée
  • Penser grand : mais cela n’empêche pas d’être très ambitieux. Wikipédia, c’est 19 millions d’article en 240 langues. 
  • Valoriser ses expériences : documenter vos expériences, elle permettront de s’améliorer
  • Changer de posture : il faut considérer que l’organisation en réseau augmente votre grille de lecture initiale. De ce fait, vous vous autorisez à penser autrement. 
  • S’organiser en communauté : c’est la communauté qui cela l’accélérateur de vos réflexions et expérimentations grâce aux feed-back. 
  • Croissance fractale : le démarrage est lent, mais l’agilité permet d’aborder d’autres sujets que le projet initial. C’est un peu comme une nouvelle frontière.
  • Etablir la confiance : La confiance se donne et se reprend. La confiance est la clé de la communauté.
  • Développer les usages : la plupart des outils du web fonctionnent sur des principes similaires. Approfondir les usages d’un service web, c’est penser scénario pédagogique plutôt qu’outil. 
  • Jardiner les communs : votre espace de veille doit être organiser pour qu’il puisse servir à d’autres. Les espaces communs se développent dans la durée. 
  • Sous licence CC : publier sous licence Creative Commons, c’est la culture de la permission. Et ça rapporte 
  • Transparence : la transparence est le meilleur rempart de la perversion. 
  • Expérimenter : se donner le droit à l’erreur est une démarche scientifique.
  • Rester agile : l’innovation est tellement rapide que la formation tout au long de la vie est indispensable.