Votre avis ?
    Mot de passe perdu ?

Août 2011

Le vrai du faux ou le faux du vrai (Accès: Lecture : Public)

le 19 Août 2011 par François Duport   Commentaires (0)

J’ai été journaliste dans une autre vie. Je lisais toute la presse quotidienne et m’amusait régulièrement à comparer la présentation d’un événement. De l’Humanité au Figaro, les visions sont partisanes. Pas de vérité, mais des éléments de compréhension.

 

J’ai travaillé deux ans sur un cd-rom qui se voulait être une référence : mémoire de la déportation. Une partie de mon travail était de gérer la photothèque en vérifiant l’exactitude historique des informations. Il fallait en permanence recouper les informations. De nombreuses légendes étaient fausses… 

 

Apprendre à développer son appareil critique est indispensable partout, sur le web comme dans une bibliothèque. De nombreuses vérités académiques sont battues en brèches à chaque découverte scientifique. Tela Botanica a recensé toutes plantes du territoire français grâce à un réseau de plus de 15 000 personnes. Sur ce point, l’intelligence collective a été plus performante que la recherche.

 

Comme le raconte Brewster Kahle, fondateur depuis 1996 et président de l’Internet Archive,  dans une interview avec Xavier de la Porte, voilà la difficulté : « Devoir se débrouiller avec cette masse d’informations qui nous entoure, c’est périlleux… Et maintenant, en plus, on sait que tout cela nous entoure… Et l’on est constamment sollicité, arrosé par des flux… Ce qui nous fait sentir en retard, ou stupide ou que sais-je. Cela implique de penser différemment. Je le vois par rapport à mes propres années d’étude, où il suffisait de lire les manuels pour croire que l’on savait distinguer le bon du mauvais ; désormais on peut lire de nombreux points de vue sur à peu près tous les sujets… Les choses deviennent plus complexes. »

 

L’important est donc de construire par l’usage à développer un appareil critique de la source d’information.  Et critique jusqu’au bout puisque comme l’écrit parfaitement par Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net : « Le rapporteur spécial des Nations Unies Frank La Rue affirme que la liberté d’expression est plus importante que le droit d’auteur et qu’elle doit être protégée à tout prix, dans les régimes autoritaires comme dans les démocraties. Les citoyens de par le monde doivent s’inspirer de ce rapport et tenir leurs gouvernements pour responsables des politiques qui portent atteinte à Internet et à nos libertés. »

 

Au service de l’apprenance (Accès: Lecture : Public)

le 19 Août 2011 par François Duport   Commentaires (0)

Du CD-rom à l’apprentissage en réseau, il y a eu plusieurs étapes de franchies. Cela nécessite de mettre en perspective plusieurs activités professionnelles. De 1995 à 2002, j’étais concepteur et chef de projet de cd-rom à vocation pédagogique. A partir des années 2005, et plus particulièrement pendant mon DESS UTICEF, j’ai constaté que l’élément humain était prédominant dans l’acte d’apprentissage. Au final, c’est la notion de scénario pédagogique qui reste la clé dans la mise en œuvre d’une action de formation. Un cocktail détonant.

Détournement d’usage

J’ai réalisé des cd-rom à vocation pédagogique pour l’entreprise et pour le grand public. A cette époque, on pensait auto-formation et didacticiel. Le design et la narration ont une place prépondérante. Le design parce que la navigation doit être intuitive. La narration pour retenir l’attention de l’utilisateur. Travaillant en agence, je n’ai pas de retour d’utilisateur, sauf pour deux projets.

 

L’archipel des bacs (Air France) : fin 2000, la direction commerciale (120 délégations) à l’international du Groupe Air France décidait la bascule de son dispositif de formation présentiel sur l’e-learning avec utilisation des bases Lotus Notes (à noter que le marché des plates-formes était balbutiant). Tous les deux mois, le Groupe Air France mettait en ligne un nouveau module visant trois objectifs :

·      Augmenter les connaissances produits et services des forces de ventes.

·      Modéliser les techniques de vente de façon interactive

·      Favoriser l’usage des outils mis à disposition des publics cibles (attachés et commerciaux)

 

Plusieurs raisons expliquent le succès de l’opération :

-       6 modules courts (2 heures) et réunions de débriefing avec le responsable de la délégation répartis sur un an.

-       Approche ludique des quizz et contextualisant avec un scénario de type serious game

-       mise en concurrence et en temps réel des 120 délégations (90% de participation pour un training non obligatoire)

 

Mémoire de la déportation (Fondation pour la mémoire de la déportation) 1999 : Le DVD ROM (ex CD Rom) « Mémoires de la Déportation » témoigne des différentes déportations parties de France en s'appuyant sur une présentation détaillée de huit camps.  Ce DVD ROM est un outil ayant pour buts principaux de sensibiliser le public, plus particulièrement les jeunes générations et le milieu scolaire, sur le monde de l'internement et de la déportation, de les informer et de les inciter à se poser des questions. Il a obtenu le label RIP (reconnu d'intérêt pédagogique par le ministère de l'Éducation Nationale) et le prix Moebius en 1999. Jean-Marc Dreyfus en fait une critique assez précise pour le CID.

 

J’ai trouvé des pistes pédagogiques dans des revues spécialisées. Il n’y avait pas une utilisation, mais des combinaisons de parcours. Au delà de la réussite technique et éditoriale, les contenus doivent être détourné de l’idée première du concepteur. En moyenne, un professeur utilise en moyenne cinq manuels scolaires pour réaliser une séquence de cours. 

 

Bref, le formateur est au départ un éditeur. Il crée une séquence à partir de sources formant un flux d’informations adapté aux objectifs pédagogiques. Les usages émergents (flux RSS, réseaux sociaux) modifient la donne. Désormais, il doit organiser une guidance éditoriale où se croisent documents et interactions sociales.

 

L'apprentissage social connecté (Accès: Lecture : Public)

le 18 Août 2011 par François Duport   Commentaires (0)

Dans le cadre du C2I2E, le principe général proposé est de multiplier les possibilités d'échanges entre participants aussi bien en ligne que lors des rencontres, mais aussi de s'appuyer sur les ressources existantes du web. Pour cela nous nous sommes appuyés sur la théorie de Georges Siemens avec le social learning.

Social learning, en parler c’est bien, en faire c’est mieux

 

Le principe est assez simple : on apprend plus facilement par ses pairs et dans un contexte opérationnel. On peut aussi considérer que les rencontres de communautés de pratiques sont du social learning en IRL (dans la vraie vie). Voilà la définition par Georges Siemens tiré du livre blanc Social Learning :

 

   La phase « pionniers » a permis de tester quatre niveaux d’organisation :

 

-       Chaque participant doit raconter au travers de son blog ses expériences en terme d’usage des TICs dans la formation. Son blog constitue son dossier de preuves.

-       Pour faciliter les apprentissages informelles, on organise des binômes  entre un formateur et un animateur EPN. Venant de deux univers différents, ils ont des connaissances à échanger.

-       Des groupes de 7 à 9 personnes définissent un projet collectif avec un livrable qui sera publié sous licence Creative Commons.

-       Des grands groupes permettant de croiser les démarches et expérimentations des uns et des autres.

 

L’ensemble forme une conversation qui s’alimente par de l’écrit, de l’oral et de la video, de pairs à pairs. C’est un paysage composite d’apprentissage. Les éléments se questionnent les uns les autres. C’est aussi se donner le droit d’essayer comme le #claved sur la place de la culture numérique dans la formation avec plus de 600 tweets en une heure. Apprendre à utiliser Tweeter, c’est aussi comprendre la force du réseau professionnel. Ou comme le raconte cette institutrice sur OWNI : « utiliser Twitter dès le CP, ce n’est pas seulement apprendre à écrire, c’est apprendre à écrire pour être lu. » Il y a sans doute des expérimentations à monter dans le secteur de la formation des adultes.

 

Le C2IE formateur est un prétexte pour développer une communauté apprenante et à se construire une identité numérique, se confronter  au réel du web, être lu, développer une démarche réflexive. Le C2IE est un prétexte pour :     

-       apprendre à apprendre ;

-       apprendre à exercer son esprit critique ;

-       apprendre à penser par soi-même ;

 

Le C2I2E formateur est une réponse institutionnelle à une  question sociale et culturelle. La réponse est donc à courte vue, sauf si elle se construit comme une étape dans l’exploration des changements en cours : nouvelle organisation du travail, impact de la mobilité dan la formation, place du tutorat, etc.  

 

Et pour un public adulte, il manque l’essentiel : apprendre à être parent, consommateur, citoyen, travailleur, acteur de la société numérique. C’est-à-dire de construire une identité numérique active.

 

L’évaluation tout au long de la vie

En publiant je fais face à la critique. L’évaluation par les pairs fait que je suis co-apprenant en attente de « feed-backs » des autres utilisateurs qui possèdent un regard singulier. Ainsi j’ai appris beaucoup à la lecture des articles des pionniers.  Et je réfléchis actuellement aux modalités d’animation de la formation pour que les feed-back servent à lancer une conversation dans une logique de boucle rétroactive pour approfondir