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Juillet 2012

Le juridique : un Silex dans la chaussure (Accès: Lecture : Public)

le 15 Juillet 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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S’il fallait suivre un blog sur le sujet, ce serait bien S.I.LEX. En effet, son auteur, Calimaq, décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique. Comme il le dit joliment, Calimaq « traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement ».

Bref, il faut clairement séparer les règles communes (droit), des usages (charte). Et enfin aborder les transformations publiques – et ses polémiques - qu’implique le numérique.

La protection et les devoirs

Tout interdire est la solution la plus simple pour un établissement. C’est une protection qui ne répond pas aux besoins pédagogiques mais protège et rassure. C’est la raison qui explique un excès discrétionnaire de filtrage des données et des services. Que ce soit au niveau d’une académie ou d’un établissement. Les règles ne sont pas identiques pour tous. Dans l’un Twitter sera accessible et dans l’autre non.      

Donc, il est important au niveau d’un établissement de préciser le cadre légal d’utilisation du numérique par ses acteurs, et ensuite de préciser les besoins d’usage. Ces règles sont les mêmes que pour les autres médias et concernent les mentions légales :

 

  • ·      l’incitation à la haine raciale et les propos racistes, antisémites et xénophobes,
  • ·      la négation de crimes contre l’Humanité et des génocides reconnus, et l’apologie des crimes de guerre et/ou du terrorisme,
  • ·      les propos à caractère homophobe ou sexiste,
  • ·      les propos d’une nature violente, pornographique ou pédophile,
  • ·      la diffamation et les injures entre internautes ou à l’égard d’une tierce personne,
  • ·      les atteintes à la vie privée ou à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité,
  • ·      le non-respect du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle,
  • ·      l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’apologie des stupéfiants,
  • ·      l’appel au meurtre et l’incitation au suicide,
  • ·      la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire.

La charte comme définition des règles de vie

La charte précise les contextes d’usage (exemple : protection des mineurs) et les objectifs de l’établissement (droits et devoirs). Ainsi, dans le CFA d’Alençon, il apparaissait qu’il fallait prendre en compte l’usage des apprentis (15-25 ans) avec leurs téléphones portables, les besoins des formateurs d’accéder à certains services web, une simplification d’accès au wifi, etc.

Ce qui est prévu, c’est de définir un cadre d’usage au sein de l’établissement et dans le réseau social de l’établissement associé ainsi qu’une sensibilisation à la question de l’identité numérique. La charte sera moins restrictive mais aura un rôle pédagogique. Ce travail est en cours.

De même, pour FormaVia, il y a une distinction entre les mentions légales et la charte du réseau. Ensuite, dans le quotidien des projets, en cas de reportages photo ou vidéo, nous demandons l’autorisation. L’important n’est donc pas d’interdire mais donner les moyens à l’utilisateur d’être au fait de ses obligations et de ses droits, notamment dans une perspective éducative d’apprentissage de la citoyenneté.

Le citoyen  

La censure est certes une arme de dissuasion, mais elle n’est pas un outil d’émancipation…  Nous sommes confrontés à une réalité complexe où les règles en vigueur laissent perplexes. Il suffit de lire la jurisprudence sur la responsabilité juridique dans les réseaux sociaux. C’est tour à tour le fournisseur d’accès, le directeur de la publication ou l’internaute. A croire que La loi est hors la loi… Sans compter un lobbying de tous les instants visant à restreindre les libertés, ce qui laisse le droit à la désobéissance civile.

De même que croire que le livre, la bibliothèque universitaire ou le site institutionnel serait confondant de naïveté. C’est plutôt de la méthode de recherche, d’un regard critique et de la capacité à s’étonner que se forge une approche permettant « la recherche et les critères de contrôle de validité des informations ». Le but du jeu est de dénicher Le vrai du faux ou le faux du vrai.

C’est pour cette raison, entre autres, qu’il me semble que les publications sous licence Creative Commons ont un intérêt dans la capacité à la critique. Le fait de caché augmente le plagiat sur le principe du « pas vu, pas pris ». En montrant, cela réduite le plagiat. En montrant, par processus, on augmente la qualité. Avec les Creative Commons, l’auteur reprend ses droits.


Microconférence - Creative Commons par FormaVia

 

écosystème informationnel (Accès: Lecture : Public)

le 4 Juillet 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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culture numérique

Mon écosystème informationnel repose sur trois univers complémentaires :

 

  • -       mon univers personnel
  • -       mon environnement de travail
  • -       mes clients et équipes projets

 

Ils interagissent, sont poreux et en évolution permanente.

 

Indépendant et nomade, mon écosystème informationnel est dans les nuages afin de réduire les risques de perte de données et d’accéder à l’ensemble de mes projets et documents en tous lieux.  Mes back-up se trouvent sur DropBox (avec une synchronisation des données permanente entre ma machine en local et le serveur distant). Ce service est particulièrement intéressant pour le partage de gros dossiers.

D’autres part, j’utilise de plus en plus des services en ligne (gmail, googledoc, Twitter, framapad, delicious, pearltree, flickr, etc.) permettant un travail collaboratif avec des équipes distantes. Enfin, je publie la plupart de mes travaux sur des sites spécialisés (slideshare, Scoopit, dailymotion, etc.) et  m’appuie sur mes différentes communautés pour réaliser ma veille (Twitter, Viadeo, Linkedin, Facebook, etc.). Pour ne pas être tenu par l’un ou l’autre service propriétaire, je duplique automatiquement l’information d’une plateforme à l’autre ce qui rend difficile de privatiser mes données et me permet de changer de services en fonction de l’évolution des règles d’utilisation de ceux-ci.

Plutôt que de faire une copie d’écran de chacun de ces services, le plus simple est de faire une recherche sur google avec fduport ou françois Duport :

 

Ainsi, je peux gérer les accès à mes informations en dégradé du public, semi privé, privé et personnel. Les données sensibles sont cryptées. Et il m’arrive d’utiliser des modes de navigation ne laissant pas de trace sur les réseaux. Bref, j’utilise toute la palette des possibles du réseau. Cela me permet de tester les différents niveaux d’interaction entre utilisateur et d’agir dans un cadre à géométrie variable en fonction des contraintes du client.

En local, j’utilise bien évidemment les logiciels standard de la communication, propriétaire et open source. Là encore,  l’idée est d’avoir une approche responsable et laïque de l’informatique.

Les Propulseurs

Les Propulseurs sont nés du regroupement d’entreprises de l’économie numérique et des médias. Ses principaux cofondateurs sont Anne-Caroline Paucot, François Duport, Luc Legay, Marc Leprat Sophie Chavenas, Lionel Paillès et Xavier de Mazenod. Les propulseurs sont à l’initiative des Explorateurs du web, participent aux activités de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), interagissent avec de nombreux acteurs des nouveaux médias comme La Boate à Marseille. Les Propulseurs conçoivent des programmes et des dispositifs innovants (ateliers, Explorcamp, Barcamp…), animent des sites et réseaux sociaux (rédaction, médias, marketing, community management), organisent des dispositifs de formation. Nous intervenons en tant que conseil aux entreprises sur leurs stratégies web et des bons usages du numérique, mais aussi comme concepteur et animateur d'événements.

Ce réseau d’acteurs est source d’inspiration puisque nous partageons notre veille, nos expériences et nos réseaux. Nous partageons un espace de coworking facilitant les échanges et interaction. Cela permet de croiser les regards  et réaliser des translations entre différents projets. La ligne Skype est en permanence ouverte pour coordonner nos actions.
Cette base documentaire et sociale me permet de répondre aux différentes attentes de mes clients. Cette organisation sera détaillée dans la partie veille.

 

Des clients et des équipes projets

 

Mes clients sont pour la majorité en relation avec le monde la formation. J’interviens comme conférencier, ingénieur pédagogue et consultant. Pour chaque projet, il est nécessaire de s’adapter aux contraintes du système d’information du client et lui présenter des solutions lui facilitant la tâche. Cela demande une certaine agilité numérique.

Un exemple de situation. J’interviens régulièrement auprès du CFA-3IFA d’Alençon dans l’Orne en Basse-Normandie. Notre mission est de sensibiliser les professeurs aux usages pédagogiques du numérique, de mettre en place un réseau social pour les 1100 apprentis et d’élaborer un parcours de formation au Community Management. Cela implique de dresser une cartographie des contraintes de l’infrastructure, le parc machine et les règles d’accès au réseau afin de proposer des pistes d’évolution du système. Plutôt que de proposer un modèle de prêt à penser, nous sensibilisons les équipes aux différentes solutions possibles et les accompagnons dans une pratique plus agile d’internet. C’est aux utilisateurs de définir en conscience les droits d’accès.   

Au départ, la DSI (Direction des Services Informatiques) filtrait l’accès aux services externes. Peu à peu, en fonction des projets pédagogiques, le pare-feu remet à jour les sites bloqués et simplifie l’accès au wifi (mot de passe) en respectant les règles de sécurité comme le cadre juridique (tracking). 

Apport réflexif d’une organisation en réseau

Un exemple de situation. J’interviens régulièrement auprès du CFA-3IFA d’Alençon dans l’Orne en Basse-Normandie. Notre mission est de sensibiliser les professeurs aux usages pédagogiques du numérique, de mettre en place un réseau social pour les 1100 apprentis et d’élaborer un parcours de formation au Community Management. Cela implique de dresser une cartographie des contraintes de l’infrastructure, le parc machine et les règles d’accès au réseau afin de proposer des pistes d’évolution du système. Plutôt que de proposer un modèle de prêt à penser, nous sensibilisons les équipes aux différentes solutions possibles et les accompagnons dans une pratique plus agile d’internet. C’est aux utilisateurs de définir en conscience les droits d’accès.  

Au départ, la DSI (Direction des Services Informatiques) filtrait l’accès aux services externes. Le responsable informatique et le directeur d’établissement décident du filtrage. Aucune liste des sites interdits n’est dressée, ni des critères… Il en résulte des frustrations de la part des équipes pédagogiques. Pour exemple, le site de l’INA n’était pas accessible alors qu’il peut être un centre de ressources pour les cours d’histoire ou de français. 

La formation a servi à expliciter les règles du pare-feu, son fonctionnement. L’équipe pédagogique a pu exprimer ses attentes. Pour l’heure, il n’y a pas de règles communes, mais une compréhension des contraintes des métiers des uns et des autres. Peu à peu, en fonction des projets pédagogiques, le pare-feu remet à jour les sites bloqués et simplifie l’accès au wifi (mot de passe) en respectant les règles de sécurité comme le cadre juridique (tracking). 

Il faut également expliciter le contexte et des usages diversifiés. Les CFA fonctionnent sous une double tutelle (éducation nationale et ministère du travail). Pour celui d’Alençon, les 1100 apprentis de l’établissement travaillent en alternance (entreprise et CFA). Ils ont des usages numériques importants (Facebook principalement et téléphone portable). Les formateurs ont besoin de dialoguer à distance avec leurs apprentis. La plupart utilisent le mail. Le responsable de la section boucherie a ouvert une page Facebook. L’établissement possède deux salles informatiques et deux TBI. Enfin, il n’y a pas de projet d’ENT. C’est donc un projet d’établissement qu’il faut concevoir avec toutes les partis prenantes.  

Ce tableau rapidement brossé, il convient de poser les attentes :

  • -       Quels outils pour faciliter les échanges entre le CFA et les familles et les entreprises ?
  • -       Quels usages pédagogiques à développer dans l’établissement et hors de l’établissement ?
  • -       Quelles règles d’utilisation du réseau par le corps enseignant et par les apprentis ?
  • -       Pour quels objectifs et quels bénéfices ?
  • -       Quels investissements, à quel rythme, dans l’infrastructure et dans le matériel ?
  • -       Quel accompagnement des équipes ?
  • -       Sur quel réseau et acteurs s’appuyer pour développer ce projet d’établissement ?

 

 

Une veille documentaire et sociale (Accès: Lecture : Public)

le 4 Juillet 2012 par François Duport   Commentaires (0)

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Se limiter à une veille institutionnelle, ou n’utiliser qu’un outil de recherche, revient à s’enfoncer dans la grotte de Platon et de ne voir que des reflets de la réalité. Le mythe des seuls savoirs académiques a vécu. La réalité est beaucoup plus féconde et innovante. Il convient désormais de faire des allers retours entre ces différentes formes de savoirs, développer un esprit critique et organiser une méthodologie de veille. 

Dans le cadre des micro-conférence, j’avais réalisé un petit film présentant les grands principes de la veille pédagogique. Cette approche liminaire n’explique pas les mécanismes et les bénéfices d’une veille organisée et collaborative.


Microconférence : "les grands principes de la... par FormaVia

Méthodologie de veille

Ma veille fonctionne en deux grandes étapes. La première consiste à repérer les sujets qui m’intéressent ou qui pourraient m’intéresser.  Je ne lis pas les articles ou les documents, je fais un premier tri à partir des sources suivantes :

 

  • -       moteur, slideshare, lecteur de flux, lettres d’information, colloque, rencontres professionnelles, NetVibes
  • -       Reseaux sociaux : Twitter, Viadeo, Linkedin

Cela consiste à marquer la ressource comme intéressante et à consulter ultérieurement. C’est un travail assez mécanique et qui prend entre ½ heures à une heure par jour. Il peut arriver d’avoir des périodes sans aucune veille. Pour gagner du temps, je mets des filtres (#TICE, #elearning, #ePortfolio, #EPN, etc.) pour accéder plus directement aux thèmes qui m’intéressent comme avec TweetDeck :


Il est possible également de mettre des filtres sur google reader et la plupart des outils de syndication de contenus. Le principe est de réduire le « bruit » et de gérer une grande masse d’information.

J’utilise Twitter comme une gare de triage en m’appuyant sur les groupes spécialisés et la time line de mes 1500 abonnés. 

Chaque fois qu’un article m’intéresse, je le twitte ou re-twitte. Voici un extrait de mes tweets  et de mon profil.

 

 Avec 1200 followers (personne abonné à mon compte), je suis une personne considérée comme influente sur Twitter. Ou plus modestement, que ma veille doit intéresser quelques personnes. Pour des recherches spécifiques, il m’arrive ainsi de m’appuyer sur mes communautés en posant des questions. En général, je reçois une dizaine de réponses dans la journée.

Ce matériel brut fait l’objet d’un second raffinage. Les médias (articles, documents, images, vidéo, etc.) qui me semblent digne d’intérêts sont classés dans mes favoris en ligne sur delicious. L’ensemble est synchronisé sur Diigo et Pearltree.  Ces espaces forment ma base documentaire. 

Diffusion et valorisation

Le faux du vrai et le vrai du faux est une façon de développer son esprit critique. Ce post écrit sur FormaVia présente ma posture vis-à-vis de ma veille. Le principe du journalisme est de croiser les sources d’information. Les erreurs institutionnelles étant innombrables autant que celles des réflexions populaires, il est nécessaire de cultiver le doute et mettre en pratique pour valider la plupart des contenus.

Cependant, à force de côtoyer le milieu, on repère les sources d’information fiables. Ceux sont les mêmes personnes qui interviennent lors de colloques ou de rencontres sur le numérique.

Je valorise une partie de ma veille grâce à un outil de curation, Scoop-It.  Voici un exemple d’une curation sur le thème des ePortfolio et portefeuilles de compétences. Les articles sont une sélection provenant de ma base documentaire.

 

Mots clés, résumés et publication

L’intérêt de cette veille est de pouvoir catégoriser l’information avec des mots clés et des résumés. Ainsi, il m’est possible de sélectionner une série de documents  par thématique comme sur Delicious. Ou de faire une recherche ciblée dans les favoris d’autres utilisateurs. Plutôt que de passer par un moteur de recherche généraliste, je puise dans la recherche de spécialistes.

 Mais il est aussi possible d’organiser une veille collaborative en organisant des équipes sous pearltree.

Tout cela est possible parce que la classification ou la publication d’un tweet ne prend que quelques secondes. C’est l’accumulation et le triage qui permet d’organiser une veille de qualité.

Bénéfices itératifs

Pour quel bénéfice ? Cela permet de rapprocher des informations pour construire une nouvelle réflexion, ou de nouvelles ressources. Et cela permet de rédiger des articles sur un blog ou des rapports avec une webographie assez exhaustive. Ce processus itératif s’explique en une seule image qu’a produit François Guité : 

 

Cette démarche s’applique autant au monde de l’éducation et de la formation que dans d’autres secteurs d’activité.