il y a 531 jours par francois duport
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La DEFC (Direction de l'Emploi, de la Formation Continue et de l'Egalité Professionnelle) s’interroge sur les modalités de soutien au développement de la FOAD et de la culture numérique au sein de la commande publique de formation continue de la Région Rhône-Alpes. Ces sujets sont débattus au sein de FormaVia dans les différentes communautés de pratiques et lors des rencontres du réseau. Une série d’articles permettra de faire t une synthèse des contributions du réseau et présentera l’état de l’art. L’ensemble servira de base à la construction d’un rapport sur l’accès à la culture numérique pour tous en Rhône-Alpes.
La première série d’articles est la synthèse des échanges de la rencontre du 8 novembre 2010. Vos remarques et réflexions permettront d’approfondir et d’enrichir les articles.
La région réfléchit à intégrer la culture numérique dans les prochaines programmations. A ce stade, plusieurs scénarios sont envisagés. La rencontre des membres du réseau FormaVia du 08 novembre 2010 a été l’occasion d’imaginer un scénario de déploiement du B2i adultes accessible à tous les bénéficiaires de la programmation en Rhône-Alpes. Dans cette démarche, il est naturel de penser que les formateurs doivent être habiles avec les technologies afin de pouvoir apprendre à leurs stagiaires comment s’en servir.
La rencontre s’est organisée sous la forme d’un « world café » : les participants échangent au cours de sessions de 20 minutes sur une thématique, puis le groupe suivant profite d'une synthèse des contributions du groupe précédent. Chaque groupe assiste successivement à chacun des ateliers qui s'enrichissent des apports des uns et des autres. Les thématiques abordées étaient :
- Outil de positionnement des compétences numériques des formateurs
- Formations, professionnalisation, échanges d’expériences, etc. : modalités pratiques pour acquérir ces compétences (accréditation pour délivrer le B2i adultes)
- Territoire d’expérimentation, modèles de déploiement pour le grand public, modèle économique
- Organisation technique du réseau (amélioration de l’existant et outils à intégrer)
La synthèse des échanges permet de dégager une démarche globale basée sur les différentes contributions. Les comptes rendus détaillés de chacune des tables sont accessibles à partir des liens ci-dessus.
Au regard des échanges, le terme « compétences numériques » recouvre des représentations différentes en fonction des acteurs. Il devient nécessaire au préalable de définir les produits existants pour les professionnels et le grand public (voir la carte homo numericus http:/

La culture numérique doit être comprise au sens large du terme.
Pour les professionnels : les formations au numérique dans le secteur de la formation professionnelle ont pour objectif d’acquérir des compétences pour mettre en place et/ou animer des dispositifs de FOAD ou de e-learning. Or, cela a un sens très restrictif. Il n’existe pas de formation généraliste comme dans la formation initiale ou supérieure avec le C2I de niveau 2. Ce certificat pourrait être prochainement étendu au monde la formation continue.
La communauté de pratiques FormaVia « culture numérique » travaille sur la définition d’un référentiel adapté aux formateurs du secteur de l’orientation, de la formation et de l’emploi.
Pour le grand public : il existe de nombreux dispositifs : européen avec le PCIE (Passeport de Compétences Informatique Européen), national (B2i adultes, PIM) et régional (Visa Internet en Bretagne et région Centre ; TIMP@SS en Nord-Pas-de-Calais). Les référentiels sont différents d’un programme à l’autre (voir carte).
Le PCIE est orienté bureautique et ne possède qu’un module consacré à Internet. Le B2i adultes est plus récent mais devrait monter en puissance du fait de sa généralisation dans les collèges et lycées. C’est surtout un bon outil de positionnement. Enfin, les démarches des Régions sont davantage des initiations que des formations. Il existe donc deux démarches possibles, soit s’appuyer sur les dispositifs existants, soit inventer une démarche spécifique locale, comme l’acronyme RACINE : Rhône Alpes Culture Informatique et Numérique pour l’Emploi. Une alternative régionale est toujours possible si la certification est trop complexe à mettre en œuvre.
A la lecture des contributions, il convient de mettre en place un dispositif régional clair avec des mesures d’accompagnement, une démarche pérenne. Les organismes doivent pour leur part remplir des obligations. Les conditions préalables sont :
- Avoir un certificat reconnu au-delà du territoire régional.
- Avoir des objectifs chiffrés.
- Avoir une vraie politique d’évaluation régionale du dispositif. Définir des hypothèses au préalable et les confronter à la réalité.
- Se donner les moyens de ses ambitions : la région pourrait prendre en charge la formation de formateurs. Une fois le diagnostic numérique établi par structure et par territoire, il conviendra de lancer un cycle de formation des formateurs qui idéalement devrait être pris en charge par la Région pour faciliter cette professionnalisation et cette montée en qualification des structures.
- Trouver un positionnement entre « donner envie » / « contraindre » / proposer un cadre régional
o Concernant l’envie : passer au delà des résistances aux changements qui sont liées à la peur, peut-être à l’âge, ainsi qu’à l’appréhension de la technique. Comment dépasser les résistances aux changements, comment dédramatiser, démocratiser, rendre plus accessible les outils ? Montrer l’intérêt de suivre la formation, notamment en termes de reconnaissance professionnelle (passer par les directions d’organismes, les fédérations de la formation professionnelle, la branche ?)
o Concernant la contrainte : attention au caractère obligatoire de la « qualification » (ne pas reproduire les dérives du B2i de certification massive comme dans les collèges et lycées sans former les professionnels)
- Expliquer la démarche globale et la dynamique régionale. Les acteurs de la formation continue doivent bien comprendre le processus dans lequel ils rentrent (ou non). Quel est l’intérêt de positionner sa structure, ses salariés vis à vis des compétences numériques ? Quels sont les enjeux pour la structure, les formateurs ?
Il faudrait que l’obtention du label « compétences numériques de type C2I niveau 2 ait une valeur sur le marché du travail (marchés de la formation continue). C’est un investissement pour les organismes de formation, comme pour les formateurs. Les organismes ont besoin que les financeurs s’engagent dans une politique de stabilisation du réseau des organismes de formation, sans quoi ils auront la plus grande difficulté à former des personnels qu’ils ne sont pas assurés de pouvoir garder dans leurs effectifs aujourd’hui, et par la-même professionnaliser les établissements .
Comment lever les freins ? L’introduction du numérique modifie les pratiques. De nombreux formateurs sont des précaires. Comment intégrer la formation aux compétences numériques au temps de travail du formateur ? Comment financer la formation ?
Aujourd’hui, Internet chamboule nos pratiques et reconfigure nos métiers. Demain ce sera le tour des équipements mobiles, et la question de l'accès au réseau va se poser sous un nouveau jour. La technologie, par nature en constante évolution, ne cessera de créer des différentiels qui seront toujours plus difficiles de combler, faute de s'y prendre au bon moment. Et ce "bon" moment signifie qu’il n'y a plus un temps unique de la formation initiale, mais bien des temps de formation continue, tout au long de la vie.
C'est le temps de la formation qui permet de progresser régulièrement, au fil de ses activités, à travers des modalités qui permettent des échanges suivis, sur la durée, et sans limite d'heure ou de lieu. La technologie peut être une contrainte comme une opportunité - comme de savoir conduire - c'est avant tout un outil qu'il s'agit de maîtriser pour ne pas en subir le manque.
Il ne s'agit pas d'imposer une approche "technologique" pour autant : c'est l'intérêt qui compte, pour l'accès à l'emploi comme dans le cadre de ses activités quotidiennes ; la maîtrise vient par la pratique, et il s'agit surtout de donner à tous les clefs pour y accéder, bien plus que des procédures figées.
La formation a vocation à sortir des murs, à irriguer les entreprises et les institutions. Elle ne se cantonne déjà plus aux centres de formation, ni aux heures de formation, ni aux manuels et supports papiers. Elle mobilise toujours des ressources tierces, parfois mutualisées, s'organise entre apprenants et entre pairs formateurs, s'étend sur la durée, et propose parfois des plateformes d'échanges accessibles bien au-delà des formations. Qu’en pensez-vous ?
Pour aller plus loin