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Bye-bye école du 17e siècle ! (Accès: Lecture : Public)

le 3 Novembre 2009 par François Duport   Commentaires (0)

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culture numérique, Ingénierie pédagogique

La vague technologique est puissante. D'ici quelques années, elle aura tellement transformé une génération que les élèves pourraient ne plus trouver intéressantes ni l'école privée ni l'école publique. Charlemagne, ce roi franc qui a créé une école adaptée à son époque, aurait-il imaginé une école différente s'il avait vécu à l'ère d'Internet ? Y a-t-il dans la salle un Charlemagne de notre temps ?

La conclusion de cet article me fait penser à l'expérience de l'école mutuelle dont voici l'explication tirée de wikipédia :

Jusque là, les méthodes d'enseignement étaient restées très traditionnelles, à l'instar des règles dites de la "méthode simultanée" édictées dès 1684 par Jean-Baptiste de la Salle pour les Frères des écoles chrétiennes : division par niveau, place fixe et individuelle, discipline stricte, travail répétitif et simultané surveillé par un maître inflexible. Pour faire fonctionner ce système organisé, un personnel important et des locaux adaptés sont nécessaires.

Dans l'école mutuelle, l'organisation est totalement différente : un seul maître est nécessaire pour faire fonctionner une école jusqu'aux limites d'ordre architectural concernant la capacité d'accueil du bâtiment (jusqu'à plus de 800 élèves). Ce système peut fonctionner à plusieurs étages, avec des moniteurs généraux, des moniteurs intermédiaires etc., jusqu'au niveau le plus bas des élèves débutants, tout le monde apprenant à son niveau et enseignant au niveau inférieur. Ainsi «Un enfant y trouve par définition toujours une place qui correspond à son niveau ... Les moniteurs ne sont que provisoirement les premiers dans le précédent exercice de la même matière », [1] et non pas les meilleurs élèves ou les plus âgés comme il sera de règle par la suite.

Le maître unique, juché sur son pupitre commande toute cette organisation, les élèves étant installés sur de longs pupitres mobiles, organisés en configuration variables suivant les matières et les groupes de niveau. La méthode introduit une innovation capitale : l'apprentissage concomitant de la lecture et de l'écriture, et fait appel à des outils pédagogiques encore peu usités, comme l'ardoise qui économise le papier ou les tableaux muraux autour desquels les groupes font cercle au moment prescrit.

Cette pédagogie active et coopérative fonctionne assez bien et permet d'apprendre à lire et à écrire en deux ans, au lieu des cinq ou six ans requis dans l'enseignement reposant sur la méthode des Frères. Dans les années qui suivent la révolution de 1830, plus de 2 000 écoles mutuelles existent, principalement dans les villes, en concurrence avec les écoles confessionnelles. En 1828, un ministère de l'Instruction publique est créé. En 1833, François Guizot, ministre de Louis-Philippe Ier, promeut une nouvelle loi visant à organiser l'éducation primaire, et à contrôler la formation des maîtres par la création d'écoles normales. Il tranche aussi, sur les méthodes pédagogiques, pour l'enseignement simultané des écoles Lasalliennes, au détriment de l'enseignement mutuel qui dès lors entame un recul qui le mène en quelques années à la marginalisation.

Comme quoi, la technologie réinjecte des idées anciennes et repose la question du comment enseigner dans un monde où l'innovation est permanente. L'autre chose intéressante est l'impact de l'architecture comme environnement d'apprentissage. Ce n'est pas tant de faire renterr l'ordinateur dans la pédagogie que d'organiser des espaces d'échanges, de débat, de co-construction... Le choix d'un modèle d'école et/ou d'enseignement est aussi une réponse politique. L'une des critiques importantes de l'école mutuelle fut de produire des esprits indépendants et critiques. Or, au XIXeme siècle, l'entreprise est une organisation basée sur le modèle militaire.

Le modèle de l'école mutuelle est une organisation en réseau, transversale.