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Juin 2012

Les EPN en Aquitaine, Rhône-Alpes et PACA : enquêtes régionales (Accès: Lecture : Public)

le 27 Juin 2012 par Jézabel Roullée   Commentaires (0)

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Lors du colloque Raudin à Bordeaux "le numérique au coeur des territoires" en juin, je suis intervenue pour présenter les travaux que nous avons conduits pour le réseau des ERIC (les EPN en région Provence-Alpes-Côte d'Azur). Je rapporte ci-après les éléments chiffrés pour l'accès public à internet en région PACA, puis pour l'Aquitaine à travers la restitution de l'enquête conduite par RAUDIN, puis pour la Région Rhône-Alpes, à travers les 1er chiffres qui ont été présentés lors des rencontres CORAIA de l'internet accompagné en Rhône-Alpes.

LES "ERIC" EN REGION PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR :

Enquête sur le réseau des ERIC (espaces régionaux internet citoyen) en région PACA

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LES "PAPI" EN REGION AQUITAINE

Retours sur l'enquête RAUDIN conduite auprès des PAPI (Points d'Accès Public à Internet).

Didier Paquelin présente les 3 questions originelles à l'étude :
- comment les PAPI participent-ils ou non au développement des pratiques de formation au coeur des territoires?
- en quoi l'accessibilité au numérique via les PAPI contribue-t-elle au développement de pratiques numériques professionnelles et privées?
- le maillage territorial d'infrastructure des services participent à la e-inclusion?

La méthodologie
Il fallait dans un premier temps recenser les PAPI en constituant une base de données.
L'enquête s'est portée sur le public des usagers et des non-usagers.
Aujourd'hui il y a 698 lieux qui maillent la région aquitaine.

L'enquête auprès de 144 usagers permettait de connaître les raisons de leur utilisation des lieux. Ils se sont interrogés sur leur mobilité notamment, la notion de lieux de vie, les pratiques.
Ils ont définit un degré de "PAPITUDE", système de notation des lieux en fonction de critères : présence d'un label, nb d'ordi, présence d'un animateur, ateliers d'initiation ect.

Le profil type de l'usager d'un PAPI : c'est une femme (62%), de plus de 60 ans, retraité, en zone urbaine.
38% sont en couple avec enfants, et 35% sans enfants, et 50% sont propriétaires.
Le public imaginé "éloignés socialement" ne se retrouve pas dans les chiffres.
73% de cette population est connecté à un ordinateur, 94% sont équipés d'un portable, 30% sont sur les réseaux sociaux.
Ces personnes ont déjà une pratique du numérique.

Un grand nombre de personne se déplace à pied pour se rendre sur le lieu. C'est de l'hyperproximité.
Les usages sont motivés par l'accessibilité (accès à un matériel), il viennent pour apprendre et "parce qu'il y a de la lumière" (lieu de convivialité).
Les usagers ont connu le lieu : par prescription, par une information, par sérendipidité/ par hasard.

Ils ont conduits une enquête quantitative sur la population (en respectant les quotas) pour connaître les non-usagers.
On retrouve 5% déjà d'utilisateurs, 15% d'intéressés (d'utilisateurs potentiel) et 80% se déclarent non intéressés.

La pratique personnelle, l'équipement au domicile, a-t-elle une incidence sur la recherche des ces lieux. Il y aurait une tendance entre le fait d'être équipés et de rechercher ces lieux. Avoir déjà une perspection de l'usage de ces outils, va renforcer l'élan vers ces lieux (théorie de l'innovation). Quand bien même, nous sommes équipés, cela ne remet pas en question l'existence de ces lieux, au contraire!

C'est un public qui a 71% a entre 30 et 59 ans, à 61% ils ont un emploi et 16%retraités, 47% vivent en couple.
Comment allez plus loin dans les services a apporter à ces publics là.

Leurs attentes : accéder à un ordinateur disponible, sans accompagnement, accéder à des logiciels qu'ils n'ont pas à domicile, mais en disposant une aide à moment où ils en ont besoin.
L'ergonomie du lieu, se sentir bien, au calme, dans la confidentialité est exprimée. (pas un lieu de travail, pas un centre de formation, pas une bibliothèque).
Cette co-présence d'acteurs, pas forcément dans les mêmes projets.

La suite : retours des résultats auprès des utilisateurs, être en accompagnement de projets territoriaux.

Réaction de la salle :
Qu'en est-il de l'âge des PAPIS (date de création est mentionnée)...
Si en PACA nous avons analysés les structures porteuses, en Aquitaine, ils ont fait émerger le type de lieu (bibliothèque, OT, mairie ect...)
L'effet d'opportunisme a-t-il était mesuré?
Inversement, en Région Bretagne, il y a une désaffection des lieux public d'accès à internet. Leurs enquêtes régulières montre que le lieu où est implanté le LAPI est structurant pour le territoire.
50% des lieux sont implantés dans un espace culturel.
Un espace sur 2 n'a pas d'animateurs.
30% non aucune personne qui s'occupe du lieu.
60% des communes continuent à soutenir les EPN, pour 9% de la population.

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EN REGION RHONE-ALPES

En attendant la sortie officielle des chiffres en septembre 2012, voici les 1er enseignements.

Le baromètre 2011 TIC Rhône-Alpes porte sur les ménages, les entreprises, les libraires et les EPN. L'enquête structure des EPN révèle que 86% des EPN sont en milieu urbain, 90% sont adossés à une structure existante et 68% sont installés dans des collectivités territoriales, principalement à des médiathèque et des bibliothèques.
Les EPN sont largement labelisés netpublic.

L'enquête est orientée "usagers" (il y a eu 152 répondants). La majorité des usagers des EPN est âgée de plus de 60 ans. Ils sont retraités et sans emploi et/ou en demande de formation. Ils sont titulaires de CAP et BEP.
56% des usagers n'ont pas de bac.

La fréquentation est en hausse.

Pourquoi les gens viennent dans les structures? Ce sont des personnes qui se sentent concernées par le numérique, mais se sentent dépassés et ont besoin de mieux s'outiller.

1 usager sur 3 se déplace à plus de 5km pour se rendre dans un EPN
L'accompagnement des publics à l'accès libre est jugé par les consommateurs de grande qualité !

Après l'accès libre, les usagers cherchent la convivialité.

La moitié des usagers n'ont pas de portable et l'autre moitié équipée fréquente l'espace.
plus de 40% des répondants ont acheté un ordinateur.

 

"L'usage des technologies de communication comme expérience sociale" (Accès: Lecture : Public)

le 27 Juin 2012 par Jézabel Roullée   Commentaires (0)

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compte-rendu

Après une restitution de l'intervention de Serge Proulx sur la puissance d'agir des citoyens dans un monde fortement connecté, j'ai pu écouter la conférence de Françis Jauréguiberry : "l'usage des technologies de communication comme expérience sociale" (colloque Raudin des 4et 5 juin à Bordeaux : le numérique au coeur des territoires). En attendant les actes du colloques....

Francis Jauréguiberry, Université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA)

Les TIC ne s'ajoutent pas à un univers existant. C'est un mélange hybride entre technologies, usages et réalité : on compare les prix d'un magasin à un autre, on prépare son déplacement sous googlemaps, on consulte forsquare...

La réalité n'est pas simplement là, mais elle nous parle, avec diverses applications numériques.
La question est de savoir comment on reçoit le monde, comment le perçoit-on, quel sens on lui donne?
De quoi est fait cette nouvelle expérience : d'un monde hybride dans lequel nous rentrons ? A quelle question cela nous renvoit?
Qu'est-ce que les TIC nous enlèvent si elles ne sont pas bien maîtrisées?

Avec les TIC et la réalité augmentée, notre environnement a de moins en moins d'âme mais il est de plus en plus bavard. Il serait intéressant de voir une mairie afficher sur son panneau de ville "ici, il n'y a pas de réalité augmentée".

Les audioguides touristiques guident le touriste oralement sur ce qu'il faut regarder. Dans un monde où on court après le temps, on risque de s'arrêter seulement sur ce qui est "remarquable", "guidé". La difficulté est de profiter du savoir et de l’utillité de la réalité augmentée sans se couper du sensible et du subjectif.

La norme aujourd'hui "c'est d'être là, sans être là?"
Cette expérience là, crée de la norme sociale.

Peut-on continuer d'expérimenter la ville en dehors des TIC?
Pourquoi continuer de poser des panneaux de signalisation alors que la courbe d'équipement de GPS ne cesse de croitre?
La lecture de la ville doit pouvoir rester individuelle et non assistée.
Dans quelle mesure la ville ou le territoire est praticable par les non-utilisateurs des TiC.
Le danger technististe réside dans le fait : plus il y aura d'infos, de services en ligne et mieux cela sera...
La surabondance d'information rend son traitement impossible.

Le fait de ne pas être géolocalisable de façon constante, de ne pas être connectée,  nous impose de nous justifier sur le fait d'être silencieux ou non repérable.

Intervention de la salle : "Le grand chasse le petit, l'hypergrand ramène le petit"

"La puissance d'agir des citoyens dans un monde fortement connecté" (Accès: Lecture : Public)

le 27 Juin 2012 par Jézabel Roullée   Commentaires (0)

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compte-rendu

Comme je présentais la démarche d'évaluation du réseau des ERIC dans le cadre des travaux de l'ObTIC (l'obervatoire des TIC en région PACA), j'ai pu assister à quelques séminaires du colloque RAUDIN des 4 et 5 juin 2012 que je rapporte en quelques articles de blog.

Retour sur l'intervention de Serge Proulx (université du Québec, professeur associé Telecom ParisTech) sur la puissance d'agir des citoyens dans un monde fortement connecté.

"La puissance d'agir des citoyens dans un monde fortement connecté"

C'est appel à la vigilance et à la résistance qui ressort de cette intervention. Les jeunes générations investissent les médias sociaux, un mouvement social politique émerge, des engagements citoyens naissent dans le désir d'agir et d'exister. Mais Serge Proulx s'intéresse à l'invisible, et nous alerte sur l'aspect illusoire des médias sociaux en ligne. S'ils donnent plus de visibilité à l'action, sont-ils pour autant un contre-pouvoir réel?

Serge Proulx, aborde le mouvement social mondial des indignés.
Il dresse les 4 traits commun du mouvement du monde arabe, de europe, de la Libye, du Québec...
- l'expression du "je" corrélée avec la volonté de créer du commun
- la nature des revendications qui sont fédératrices.
- personne ne peut parler au nom des "indignés", revendication d'une auto-organisation du mouvement (démocratie directe)
- occupation d'un lieu symbolique : expérimenter des pratiques sociales qui préfigurent de nouvelles relations. Un horizon réalisable d'alternatives possibles.

Qu'est-ce que les citoyens ont gagné?

A-t-on gagné du pouvoir citoyen? Attention, il est vite maîtrisé par les pouvoirs en place.
Le désir d'agir, de résister va-t-il perdurer?
Il y a pleinement le désir d'exister, un désir qui a vu le jour à travers les événements politiques.

Les médias sociaux nous permettent-ils d'accroître cette puissance d'agir du citoyen
La maîtrise des outils numériques y contribue-t-elle ?
On retrouve des engagements forts auprès des jeunes générations, liés à leur participation à ces nouveaux médias.
Une participation médiatique peut-elle ouvrir vers un engagement politique?
Quelle est l'étincelle qui fait que les personnes qui sont engagées médiatiquement s'engage politiquement...
Le fait de se rendre visible, n'offre pas pour autant plus de pouvoir. Aussi, dans quelle mesure la visibilité médiatique peut engager un contre pouvoir, ou est-ce illusoire?

Comment concevoir des outils qui soient le plus facilement appropriable?
Conditions pour l'appropriation des TIC
- la médiation par une communauté de pratique
- l'usager doit-être représenté collectivement

Dans les réflexions sur l'appropriation du numérique, comment définir l'usager grand public
Il y a 2 approches :
- l'usager compétent : posture militantiste (LL), l'usager doit fournir un effort cognitif pour s'approprier les outils
- l'usager naif : posture de l' infotaiment, industrielle qui combine logiciel et diverstissement.

Les médias sociaux permettent un média individuel de masse
Il ne faut pas être dupe, les grands conglomérats économiques maîtrisent ces médias, il faut essayer de s'en sortir.

Le côté positif de l'expression citoyenne se porte sur les prochaines générations. Il y a un désir d'exister, qui s'exprime dans le désir de résister, mais on est loin du pouvoir. Le pouvoir n'est pas encore là. Attention au danger d'illusion.

Les valeurs du marketing sont réappropriés dans les réseaux sociaux.
Le travail immatériel (André Gordes) : c'est le travail de production de l'individu (salarié, travailleur). L'entreprise s'appuie sur la puissance créatrice de l'individu, sur ses capacités de communication pour produire de la plus-value.
La formation, le développement de compétences est acquise en dehors de l'entreprise / du travail, dans les périodes de loisirs de l'individu. Cette capacité à créér va être un élément désisif pour son employabilité.

L'intériorisation et la naturalisation des valeurs du marketing.
Il y a de plus en plus de confusion entre l'éthique de l'information et l'éthique de la relation publique.
L'ethique du journalisme est de décrire ce qui se passe. L'éthique du "communicant" est de se mettre au service du commenditaire, de l'entreprise qui emploie.

Serge Proulx conclue sur l'importance de développer une politique autour de l'éducation critique au numérique.