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Creative Commons, l’auteur reprend ses droits (Accès: Public)

il y a 54 jours par francois duport   Commentaires (0)

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Je suis consultant et publie l’ensemble de mes productions sous licence Creative Commons. Cela augmente ma visibilité sur le web et cela me ramène des clients. De la même manière, l’ensemble des publications sur FormaVia sont sous licence Creative Commons.Les licences Creative Commons sont les enfants d’un mouvement ancien. C’est une forme de décentralisation jusqu’à l’utilsateur final.

La présentation se déroule en quatre points

1/ Une petite histoire des origines pour planter le décor

2/ Ensuite, comment se servir des licences Creative Commons.

3/ Quelques outils pour enrichir vos formations

4/ Et enfin une mise en perspective. Vous verrez, c’est surprenant

Une longue histoire...

Donc commençons par le commencement avec la tragédie des biens communs

L’histoire est simple. La tragédie des biens communs concerne des ressources, qui sont soit en libre accès, soit propriété d'une communauté d'acteurs. Personne ne s’en occupe et tout le monde cherche à en profiter au maximum. La surexploitation crée au final une tragédie.

Dans le numérique, c’est diffèrent. L’espace est illimité et on peut facilement dupliquer, améliorer, transformer une ressource. C’est l’économie de l’abondance.

Dès le début de l’informatique, dans la mouvance de la culture Beatnik, les chercheurs partageaient leurs travaux et le code informatique. Il faut lire le manifeste “la cathédrale et le bazar” pour comprendre la démarche. L’auteur, Eric Raymond, est l’un des co-créateurs du terme open source. 

Open source ne veut pas dire gratuit. L’open source est du reste une industrie extrêmement rentable. De par sa nature même, l'open source est voué à devenir plus utilisé que les technologies propriétaires, parce que plus performant et évolutif.On peut aussi constater aujourd’hui que de nombreuses solutions alternatives existent face aux réponses propriétaires. Et cela ne fait que commencer.

Professeur de droit à l'université de Stanford, Lawrence Lessig est le fondateur de Creative Commons. Le risque majeur, selon Lessig est le suivant : « que l'innovation se retrouve contrôlée par les grands propriétaires de réseaux, de licences et de copyrights. Que notre créativité soit corsetée par une architecture de contrôle centralisée. L'enjeu actuel se joue sur le terrain juridique, où l'ancien modèle de protection intellectuelle ne répond plus aux besoins de la société en réseau. » Son livre L'Avenir des idées : le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques est disponible en ligne dans sa version française.

C’est une guerre de tranchée. D’un côté les lois s’empilent pour restreindre les libertés et renforcer les monopoles des ayants droits : LOOPSI, Hadopi, ACTA, et autres. De l’autre, des collectifs militants s’organisent pour favoriser l’échange, la créativité et l’innovation. Le prospectiviste Jeremy Rifkin, résume la situation actuelle dans son livre la troisième révolution industrielle : “La relation antagonique entre vendeurs et acheteurs cède la place à une relation coopérative entre fournisseurs et usagers. La propriété intellectuelle de l’information est éclipsée par un nouvel accent sur l’ouverture et la confiance collective. (..) Par conséquent, l’accès aux vastes réseaux mondiaux devient une valeur aussi importante que les droits de propriété privée aux XIXe et XXe siècles.” On peut le comprendre. Les propriétaires freinent des quatre fers.

L’affrontement est autant idéologique qu’économique. Il suffit de lire Cause commune : l’information entre bien commun et propriété de Philippe Aigrain : “L’information et ses technologies refaçonnent notre univers technique, social et éthique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposées selon que l’on choisit d’en encourager l’appropriation privée ou d’en faire des biens communs.”

Consultez  la carte européenne des systèmes de régulation et filtrage de l’internet en faveur du copyright, réalisée par OWNI. Et faite vous votre propre opinion.

Ou encore le blog S.I.Lex… L’auteur, Aka Lionel Maurel, Juriste & bibliothécaire décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique. Il traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement.

Creative commons mode d'emploi

C’est quoi en fait les Creative Commons ? Les licences Creative Commons viennent combler le manque entre Copyright et Domaine Public. Et renverser la logique du droit d’auteur… Quatre éléments qui se combinent entre elles permettent de proposer six licences. Creative Commons propose gratuitement six licences qui permettent aux titulaires de droits d’auteur de mettre leurs oeuvres à disposition du public à des conditions prédéfinies. Les licences Creative Commons viennent en complément du droit applicable, elles ne se substituent pas au droit d’auteur.

Simples à utiliser et intégrées dans les standards du web, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les oeuvres dérivées et les conditions de redistribution.Voici les quatre éléments de base.

Elément de base numéro 1 : la paternité. En France, c’est un droit inaliénable.  Elle est donc présente dans toutes les licences. Vous laissez le public copier, distribuer,   afficher  ou jouer votre production et ses dérivées,  seulement s’ils vous créditent.

Elément de base numéro 2 : partage

vous autorisez les utilisateurs à modifier, mixer votre production. Mais en gardant les mêmes règles. Pas de privatisation possible. 

Elément de base numéro 3 : pas d’utilisation commerciale

Vous laissez le public copier, distribuer,  afficher  ou jouer votre production et ses dérivés seulement pour un usage non commercial. L’usage commercial nécessite votre accord.

Elément de base numéro 4 : diffusion, mais pas de modification de l’œuvre initiale.

Vous laissez le public copier, distribuer,   afficher  ou jouer votre production mais pas de modification possible.

Maintenant, on combine… Les quatre règles se transforme en six licences, du plus libre au plus restrictif. Vous pouvez à tout moment changer de licence. Les Creative Commons abaissent  les coûts de reutilisation d'une œuvre. Comme l’open source, cela n’empêche pas le business. Simplement, vous permettez certains usages. C’est la culture de la permission. Pour ma part, je pense que dans le cadre des appels d’offre public, il serait normal d’exiger que l’ensemble des ressources pédagogiques soit publié sous licence creative commons.

Rapidement quelques outils et services en liaison avec les creative commons.

Trouver des ressources sous licence CC, le moteur CC search

Dans la plupart des services comme flickr il y a dans la recherche avancée une option permettant de limiter la recherche aux contenus Creative Commons.

Cela concerne les photos, les textes mais aussi la musique… avec Jamendo. Vous en avez le choix et c’est de qualité.Aujourd’hui, plus de 40 000 albums sont disponibles sur Jamendo sous forme de morceaux gratuits, légaux et téléchargeables sous licence Creative Commons. Les musiciens chargent des centaines de nouveaux morceaux chaque jour. Creative Commons compte plus de 5 000 clients répartis dans le monde entier, ce qui comprend les clients commerciaux qui paient les licences pour utiliser la musique dans des "lms, des publicités et des émissions TV.

La video bien sûr

Mais aussi l’éducation. Sesamath est une association de professeurs de mathématique qui produisent des exercices, des cours de la sixième à la terminale. Il y a quelques années, ils ont commencé même à publier des manuels scolaires papier et éléctronique. Désormais, ils ont 20% du marché. Faite le calcul : la qualité, la gratuité et la quantité.

Voilà la courbe de progression des Creative Commons. Comme souvent, c’est toujours lent au démarrage, mais la courbe ne mollit pas.

Et demain ? On ne va s’arrêter en si bon chemin..

L’Open Data. C’est Une donnée ouverte et publique qui a vocation à être librement accessible. La philosophie pratique de l'open data préconise une libre disponibilité pour tous et chacun, sans restriction de copyrightbrevets ou d'autres mécanismes de contrôle. Cela concerne au premier chef l’Etat, mais aussi les collectivités territoriales et tous les organismes publics.

Move Commons est un outil simple pour les initiatives, les collectifs et les ONGS pour afficher les principes auxquelles ils souscrivent.

Allez sur TED pour voir cette histoire incroyable. Il se nomme Marcin Jakubowski et il propose 50 machines open source pour une exploitation agricole durable.

Le mouvement Open education, lancé par l’Unesco, se développe surtout dans les pays anglo-saxons. Mais ici aussi. Par exemple, le réseau Educagri est en train de basculer l’ensemble de ses ressources sous licence Creative Commons.

Enfin, cette image, tiré d’une présentation de Calimaq du blog S.I.Lex qui présente les différentes couches d’usage. Allez voir sa présentation. L’idée de base, c’est que le droit d’auteur fonctionne selon des schémas trop binaires – en noir et blanc – pour rendre compte de la complexité des phénomènes dans l’environnement numérique.

Une dernière pour la route… A vous de choisir. En apprentissage, je préfère la richesse de notre diversité à la pensée unique. Sur FormaVia, il y a une page sur les Creative Commons qui recense toutes informations pour approfondir le sujet.

 

Retour sur travail autour outil de veille "comment je fais ma veille dans mes fonctions d'animateur numérique" (Accès: Public)

il y a 73 jours par aissa formateur   Commentaires (0)

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Bonjour,

Un travail de réflexion-action nous permet de découvrir des outils de veille et/ou se réapproprier des services en ligne que nous utilisons pour faire notre veille dans l'objectif de les faire découvrir aux collègues lors de nos regroupements en présentiels...

J'ai décidé de me lancer dans l'animation de la micro conférence du 2 mars autour du sujet suivant "comment j'organise ma veille dans mes missions d'animateur numérique" http://c2i2e.formavia.fr/pg/pages/view/55442/; Vidéo en ligne : http://dai.ly/x7jqF9

J'ai pu découvrir l'outil de présentation prézi : http://prezi.com/ (des collègues préparent des tutoriels et un retour d'expérience sera surement fait lors de la journée de regroupement du 15 mars 2012 il me semble).

Malgré quelques difficultés encore à gérer certaines options, c'est un outil qui est très facile d'utilisation et qui permet de faire des présentations dynamiques.

J'ai aussi découvert le service en ligne screen o matic  http://www.screencast-o-matic.com/ pour enregistrer la vidéo de la micro conférence.

J'ai eu plus de difficultés à m'approprier cet outil car cela demande de gérer plusieurs tâches à la fois :

Lancer les enregistrements des différents moments de la vidéo

Utiliser l'outil de présentation de sa conférence "prézi" et animer ces séquences sans lire un texte préparer en amont :

L'expérience de françois qui a réalisé aussi une micro-conférence sur les outils de veille m'a beaucoup apporté car il se posait la question de l'opportunité de lire un texte lorsque l'on réalise un enregistrement vidéo pour une formation...J'ai choisi de ne pas lire de texte et d'avoir des grandes lignes pour me guider, mais parfois on perd le fil conducteur des informations que l'on souhaite partager et on développe beaucoup plus que cela n'est nécessaire. J'ai donc fait plusieurs essais avant de trouver le contenu satisfaisant !

L'accompagnement des collègues dans ce travail de préparation et réalisation est aussi important que la maîtrise des outils, donc merci à jézabel, florian, françois, stéphane et guy pour leurs précieux conseils...

Pour ce qui est des outils de veille, j'ai décidé d'aller plus loin avec l'outil "google reader" et les possibilités que propose ce dernier dans la mise en place d'une veille.

Je m'appuie sur les tutoriels en ligne et sur les nombreuses vidéos disponibles sur le net pour construire un document pour favoriser le partage avec mes pairs.

La suite au prochain article

Des rencontres inspirantes (Accès: Public)

il y a 91 jours par francois duport   Commentaires (0)

culture numérique, cours, compte-rendu

Je suis intervenu dernièrement dans deux manifiestations pour présenter le réseau de FormaVia et plus précisment l'expérimentation C2I2E. Le sujet central était bien évidemment les compétences numériques pour les professionnels. C'était

-le colloque TIC Santé 2012

- Les journées ANCLI du numérique à l'Agence Nationale pour la lutte contre l'illetrisme

et les suivanes partie 2 et partie 3.

 

Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents ! 

A rebours, des questions revienent. Lors de ces deux manifestations, personne ou presque n'envoyait des Tweets. D'ailleurs les organisateurs n'avaient pas installés de mur de tweets. Il y avait un système de vote électronique au colloque TIC Santé et de la captation vidéo, mais pas un dialogue direct avec les participants. Dans la formation à l'ANCLI, deux personnes étaient venues avec leur matériel informatique.  Au même moment se déroulait la rencontre #Clair2012. Les partipants produisirent 4500 tweets de qualité  dont voici quelques exemples frappants :

- ppoulin RT @FrancoisGuite: #clair2012 La passion est la meilleure source d'apprentissage tout au long de la vie. Il suffit donc de faire naître la passion d'apprendre. -4:15 PM Feb 12th, 2012

- gauviroo RT @gpayette: La DéCLAIRation #clair2012 à lire, à commenter, à enrifichir, à faire circuler et ultimement à appuyer http://t.co/Fub87WWJ -9:25 PM Feb 11th, 2012

- juliebeaupre RT @d_vigeant: Regardez, innvovez, contaminez! RT @zecool: À visionner -> Réalisez-vous ? http://t.co/m2V801Bf #clair2012 RT @gauviroo / #ped2073sj -11:39 AM Feb 13th, 2012

On a discuté au moment des pauses. Les participants sont conscients des changements en cours, mais la mise en abime effraie : rapidité des changements en cours, interaction avec l'utilisateur, banalisation des savoirs, etc. La posture du formateur ou du corps médical change. Il doit être à l'écoute de son interlocuteur, descendre de son piedestal. Il y aura toujours des formateurs et des médecins, mais ils devront agir avec plus de transparence.  Comment intégrer dans ces rencontres une place à la participation et aux feed back ?

Deuxième élément, l'appétance des participants est importante. Autant il y a quelques années, le web 2.0 était un truc qui intéressait une minorité. Est-on proche du point de bascule ? Maintenant, c'est le grand public qui veut comprendre. L'institution se pose question. Mais elle craint de perdre pied. Je suis en train de lire  Comment Le Numérique Transforme Les Lieux De Savoirs  de Bruno devauchelle..Une citation résume la situation : "si une véritable culture numérique personnelle s'est développée (chez les professeurs), elle est restée à la porte de la classe. Si l'on a bien informatisé les notes, on n'a pas réellement modifié la façon d'évaluer les apprentissages" ? C'est que "en plaçant l'individu en premier, le numérique renverse un des schémas de la société traditionnelle de manière radicale".  La culture numérique est au centre des débats. Ce n'est plus un truc de spécialistes. Cela concerne chacun, en tant que parent, professionnel, citoyen.

Milad Doueihi, dans son dernier livre "Pour un humanisme numérique" résume assez bien la situation :  "Le numérique en tant que culture modifie de manière assez radicale notre rapport au temps, mais aussi avec l’espace habité et vécu. Or, ce qui caractérise l’humain est, hormis la langue et la pensée, la façon dont l’homme habite et modifie l’espace. Dans ce sens-là, le numérique demande à être regardé comme une forme d’humanisme."  Cela renvoie à cette célèbre  conférence de Michel Serres en 2007, à l'occasion des 40 ans de l'INRIA,  où il s'amusait à conclure par cette phrase humoristique :  « Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents ! ». En quelques sortes, reprendre en main son avenir et son humanité c'est pouvoir participer à la communauté de destin.  Quel rapport avec le secteur de la santé ou celui de l’illettrisme  ? A priori, rien de commun et pourtant… Fondamentalement, les compétences attendues sont de même nature.

La famille des B2I et C2I sont des compétences transverses. On peut même parler de culture ou d’acculturation autour de cinq notions  :

 

  • Connaître et comprendre son environnement numérique hardware et software)
  • Respecter le droit et comprendre ses limites (renvoi au débat citoyen et au débat de société)
  • Savoir choisir des outils en fonction des objectifs et savoir apprendre à apprendre (autoformation)
  • Savoir chercher, réaliser une veille et donc développer un appareil critique
  • Savoir travailler à plusieurs et les pratiques qui en découlent

Culture numérique avant tout 

 

Voici quelques réflexions sur l’usages du numérique les apprentissages… Et si le numérique était une opportunité pour apprendre autrement, adapté aux besoins de l’apprenant ?

On le comprend aisément les compétences attendues seront différentes entre l’élève et le professionnel. Et il est nécessaire de prendre un peu de recul historique pour comprendre le changement de paradigme en cours. En pédagogie, on passe des théories du béhaviorisme, constructiviste, puis socio-constructiviste. Georges Siemens parle désormais de connectisime. Cela nécessite un outillage et des pratiques innovantes pour le formateur. Cela demande de prendre le temps d’expérimenter et d’être à l’écoute des expérimentations de ses pairs. De casser le triptyque  : unité de temps, de lieu et d’action et de penser dans une logique de synchronisation. De changer de grille de lecture puisqu’en réseau. D’agir sur temps court (immédiateté d’internet et des réseaux) et sur le temps (construction d’une identité numérique apprenante). Cela nécessite un questionnement sur des certitudes qui se sont construites sur des siècles. Le besoin est d'apprendre une méthodologie d'apprentissage adapté à son besoin personnelle (profil d’apprentissage). Cela questionne bien évidement les logiques de normalisation. Le numérique est une clé supplémentaire pour le «  connais toi toi-même  » Et l’informel commence à s’installer sur la toile… bousculant encore nos certitudes.

Ainsi l’exclusion numérique et sociale fonctionne dans les deux sens. La FOAD pour les Homless aux Etats Unis et l’ordinateur dans le mur en Inde de Sugata Mitra montrent que d’autres approches sont possibles. 

Dans l’école mutuelle, l'organisation est totalement différente des méthodes d'enseignement simultané qui prévalaient alors  : un seul maître est nécessaire pour faire fonctionner une école jusqu'aux limites d'ordre architectural concernant la capacité d'accueil du bâtiment (jusqu'à plus de 800 élèves). Ce système peut fonctionner à plusieurs étages, avec desmoniteurs généraux, des  moniteurs intermédiaires  etc., jusqu'au niveau le plus bas des élèves débutants, tout le monde apprenant à son niveau et enseignant au niveau inférieur. Ainsi «Un enfant y trouve par définition toujours une place qui correspond à son niveau ... Les moniteurs ne sont que provisoirement les premiers dans le précédent exercice de la même matière  », et non pas les meilleurs élèves ou les plus âgés comme il sera de règle par la suite. C’était en 1815 et cela ressemblait furieusement à une approche en réseau, de pairs à pairs. (L'école mutuelle, une pédagogie trop efficace  ? Anne Querrien, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005)

Plus proche de nous, dans le numérique, on procède beaucoup par essai-erreur. L’important n’est pas de savoir, mais d’expérimenter et d’avancer en boucle itérative avant d’arriver au résultat souhaité. D’utiliser le cerveau droit et le cerveau gauche, bref de sortir de la culture de l’écrit pour apprendre à écrire. Bref, de considérer que nous sommes tous différents et que cette diversité est source d’apprentissage.

Quelques exemples glanés sur le net 

Dans les années 90, on fournit à des gamins de Harlem des ordinateurs. Ils bidouillent du  html (langage de programmation pour la mise en page du web). Rapidement, ils possèdent une langue qui dépasse l’échec scolaire.

Dreamless est un photographe de talent. Il améliore son orthographe grâce à Twitter et aux réseaux sociaux, parce qu’il est lu. Ou Facebook qui permet aux enfants à haut potentiel de se retrouver. Ou encore ce ePortfolio pour les migrants au Quèbec qui permet de renouer avec sa communauté d’origine tout en approfondissant le français. Dans l’organisme de formation Côté Projets, il fabrique un roman-photo. A chaque fois, l’outil est un prétexte pour apprendre autrement.  

Lors d’une intervention à la M@ison de Grigny, Denis Lamontagne expliquait comment il enseignait avec les peuples premiers. Ils cherchaient ensemble avec des dictionnaires en ligne la définition des mots jusqu’au moment où le mot prenait du sens. Cette approche holistique correspond à leur construction mentale comme le prouve cette étude : redéfinir le mode d’évaluation de la réussite de l’apprentissage chez les Premières nations, les Métis et les Inuits. 

Apprendre en nuage de mots, c’est ce que propose ce dictionnaire des synonymes réalisé par le CNRS. Ou le programme Sankoré qui consiste à faire produire des ressources pédagogiques sous licence Creative Commons réemployable par tous les enseignants. Le logiciel de pilotage des tableaux blancs interactifs est open source. Mais aussi La Framakey orientée "dys" est une compilation de logiciels libres à installer sur une clé USB pour les élèves et les collégiens présentant un trouble spécifique du développement, les troubles "dys" : dysphasies, dyspraxies, dyscalculies, dyslexies-dysorthographies et TDA/H.

C’est aussi s’appuyer sur l’expérience des autres. Ainsi Marielle Potdevin, orthopédagogue, met à disposition de la communauté plus de 1000 ressources. A chacun de prendre et de donner

Un dernier exemple, au CIFA TP, les apprentis ont réalisé des films sur les dangers de l’alcool. Ils ont pris du plaisir à écrire les scénarios, à filmer, monter et diffuser. Bref, le numérique ne se limite pas à une connaissance d’outils mais c’est bien une culture ambiante qui offre de multiples possibilités.

Une check list pour commencer

On a produit ensemble une carte mentale présentant les bons et les mauvais côtés du web. Cette production composite est restée au stade du papier, mais représentait une diversité de points de vue.  

Pour finir une liste rapide des points pour commencer :

  • Commencer petit : une culture se construit dans la durée
  • Penser grand : mais cela n’empêche pas d’être très ambitieux. Wikipédia, c’est 19 millions d’article en 240 langues. 
  • Valoriser ses expériences : documenter vos expériences, elle permettront de s’améliorer
  • Changer de posture : il faut considérer que l’organisation en réseau augmente votre grille de lecture initiale. De ce fait, vous vous autorisez à penser autrement. 
  • S’organiser en communauté : c’est la communauté qui cela l’accélérateur de vos réflexions et expérimentations grâce aux feed-back. 
  • Croissance fractale : le démarrage est lent, mais l’agilité permet d’aborder d’autres sujets que le projet initial. C’est un peu comme une nouvelle frontière.
  • Etablir la confiance : La confiance se donne et se reprend. La confiance est la clé de la communauté.
  • Développer les usages : la plupart des outils du web fonctionnent sur des principes similaires. Approfondir les usages d’un service web, c’est penser scénario pédagogique plutôt qu’outil. 
  • Jardiner les communs : votre espace de veille doit être organiser pour qu’il puisse servir à d’autres. Les espaces communs se développent dans la durée. 
  • Sous licence CC : publier sous licence Creative Commons, c’est la culture de la permission. Et ça rapporte 
  • Transparence : la transparence est le meilleur rempart de la perversion. 
  • Expérimenter : se donner le droit à l’erreur est une démarche scientifique.
  • Rester agile : l’innovation est tellement rapide que la formation tout au long de la vie est indispensable. 

 

 

Atelier "intelligence collective" animé par JMCornu (Autrans12) (Accès: Public)

il y a 131 jours par Jézabel Roullée   Commentaires (0)

J'assiste aux rencontres d'Autrans 12 à l'atelier "intelligence collective : les territoires et citoyens en réseau", animé par Jean-Michel Cornu.

Deux projets aux approches différentes sont présentés, afin de nous faire réfléchir au processus de mise en place d'une intelligence collective.

Jean-Claude BLET du Conseil Régional Rhône-Alpes présente le projet de réseau social professionnel territorial de la région.

Depuis 15 ans la région développe des politiques territoriales en appui à des projets qui rentrent dans une démarche de développement local. Vu le nombre de dispositifs régionaux, un site portail, informationnel s'est imposé naturellement pour proposer une information structurée, regroupée sur un seul site.
Il y a 6 ans, le site à évolué avec un espace ressource qui permet le recueil des expériences territoriales par thématique.
Même si cela reste une fonction essentiellement de publication, il y eu la volonté d'offrir un espace alimenté, non plus par la région, mais par les acteurs territoriaux.

Depuis Septembre, une AMO travaille sur le réseau social professionnels des acteurs rhône-alpins. Ce réseau rassemble les agents territoriaux, les associations, les collectivités, les élus, dans l'objectif de faciliter les échanger sur des thématiques spécifiques.
Jusqu'alors, la Région publiait en mode projet, dorénavant c'est l'entrée "sociale" qui permet de mettre en avant les individualités, leurs compétences.
Cela devient un espace d'identification des compétences, de conduite de projet, de travail collaboratif.
Le réseau social s'appuie sur les parcours professionnels des individus. On ne se limite pas au métier,  à la fonction, dans un fonctionnement régional (avec une logique en sillos) cela permet d'ouvrir les champs d'intervention.

Les participants de l'atelier réagissent en louant le projet tout en pointant l'importance qu'à l'échelle d'un territoire, d'une filière professionnelle, il importe que les acteurs s'organisent. Par exemple : le calendrier partagé pour partager des informations de base sur une même filière d'activité (ex : tourisme), des carnets de contacts pour identifier finement les personnes ressources sur un territoire, la cartographie des acteurs sont des outils nécessaires à la bonne organistion des acteurs sur un territoire.

Yoann Duriaux  du comptoir numérique de St Etienne, présente Imagination for People.
Le comptoir est un tiers lieux où la bienveillance règne entre les usagers de l'EPN et les co-workers. Dans le cadre de la semaine de l'innovation sociale, un apérocamp est lancé, tous les 1er lundi de chaque mois et permet de faire émerger des projets.
Imagination for People, est un réseau d'acteurs qui veille, recense des projets sociaux créatifs pour un territoire. Le site offre alors la possibilité de présenter son projet (quelque soit son stade d'avancement). L’objectif est d’amener les gens à repérer, partager, soutenir et démultiplier les projets sociaux et citoyens les plus singuliers, les plus inventifs.

Les deux projets présentent deux postures différentes : une posture institutionnelle, où la région met à disposition des outils, et une autre citoyenne où les territoires organisent leurs propres réseaux.
Comment ces approches ascendantes et descendantes peuvent-elles se croiser?

Les échanges de l'atelier permettent de faire émerger les questions qu'il faut se poser pour qu'un réseau naisse. Quel processus mettre en place pour constituer une communauté?  Comment faire converger des personnes et constituer une communauté riche qui converge ?

- Un groupe doit avoir pour objectif de faire "gagner du temps"
- Pour avoir un effet boule de neige, le groupe doit atteindre 100 personnes, car sur le lot une dizaine travaillera. Plus le groupe est grand, plus les chances d'avoir des contributeurs actifs est grande.
- Personne n'est nommée comme référent (le prestige engendre une attitude passive), tout le monde doit-être concerné.
- Le principe de bienveillance est primordial
- La vie des communautés est cyclique : un groupe se constitue autour de thème de travail, il s'organise, expérimente, doute, se donne le droit à l'erreur. La généralisation du projet peut entrainer la fin de vie du groupe, qui peut trouver alors une autre "renaissance", une organisation différente.
- Il faut une distance d'horizon des projets. Un groupe met 2 ans à se constituer, et doit accomplir des projets qui donnent une visibilité à la vie du groupe.
- Les projets sont en mode ouvert (l'open-process), réutilisables, impliquant des retours sur "utilisation/exploitation" des projets issus du groupe. Le mode feed-back permet de créer une boucle itérative.
- La duplication est une donnée importante : pouvoir dupliquer le groupe, faciliter la réappropriation d'une expérience.
- Le groupe doit pouvoir se constituer de façon formelle en créant une identité : un logo, un nom, une charte graphique, des visuels.
- Les publications issues du groupe, le vocabulaire utilisés doivent être accessibles

Ressources évoquées :
- L'écoute des silences, Thierry Gaudin téléchargeable sur un site canadien
- Outils-réseaux à mis en place une formation "animation d'une communauté" à distance. Formation animacoop, licence professionnelle.
- animation.fr : regroupe tous les animateurs francophones

La veille collaborative expliquée par F.Soussin à Autrans12 (Accès: Public)

il y a 132 jours par Jézabel Roullée   Commentaires (0)

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Autrans, c'est parti, le remue-méninge démarre. Fédéric Soussin nous raconte les modalités de sa veille, organisées en 4 phases :

1. La définition des objectifs, des sujets, des groupes de personnes à suivre
2. La recherche organisée par les alertes, les réseaux sociaux, les flux d'informations (presse, RSS...)
3. Le choix d'agréger ces informations
4. Le partage durable (en stockant, indexant) ou en diffusant ces flux.

1. DEFINIR SA VEILLE

La veille nous permet  de détecter des signaux faibles (émergents, prospectifs) que les médias de masse n'offrent pas. C'est se nourrir de l'intelligence externe, c'est un outil d'autoformation (dans une logique de sérendipité : découverte heureuse, inattendue grâce au hasard au cours d'une recherche dirigée initialement vers autre chose)
Avant tout, définir les champs de veille : quels champs, quelles personnes, quelles technologies observer?
La carte heuristique (mindmaster) permet de définir ces champs de veille et de la partager.
La veille a encore plus de sens lorsqu'elle est intégrée dans la fonction de chacun et qu'elle n'est pas un métier spécifique, exclusif.
Partager sa veille, c'est se constituer des cercles de veille en fonction des centres d'intérêt de chacun. Les règles du jeu du partage doivent être élaborés ensemble, c'est un projet qui devient collectif.
Google+ est bien conçu pour partager et essaimer l'information de façon efficace.

2. ORGANISER SA RECHERCHE

Il convient d'organiser ces alertes : la syntaxe, les requêtes se peaufinent et s'améliorent au fils du temps.
Les "alertes" de google doivent être retirées du mail, pour éviter la surcharge. (utiliser : GoogleblogSearch et GoogleActualité). La recherche de mots c'est bien, mais le réseau des personnes sont des formidables accélérateurs de notre veille. "La veille c'est un réseau d'observation mais aussi d'écoute des personnes..."

3. AGREGER / CHOISIR
L'agrégateur permet de sélectionner ces sources, d'avoir une lecture rapide et permet un partage efficace. L'agrégrateur fait la somme des flux RSS récupérés, des personnes suivies...
Googlereader semble être l'outil qui gère de façon confortable la masse d'informations capitalisée par la veille.
Elle fait remonter toutes les alertes, les flux RSS (des blogs, des journaux).
Netvibes n'est plus adapté à la gestion de la masse des informations.
Comment capitaliser une information qui est bonne. Les bookmarks sont insuffisant. Comment la "webocopie" (=la photocopie en mode 2.0) intervient? Elle permet de stocker, noter, enrichir un article, de webocopier les articles presse papier.
Evernote semble être l'outil le plus adapté : il permet la consultation des informations en mode connecté et déconnecté, depuis son ordi, sa tablette ou son téléphone. Il permet une dualité d'utilisation off-ligne et on-ligne intéressante. Les données sont stockées localement et sont synchronisées.
 
D'autres participants évoquent :
- Scoopit : permet de faire de la veille et de la curation. C'est de la veille filtrée sur un sujet spécifique. Les sujets d'éducation, d'intelligence collective.
- Pearltrees : cultivez vos centres d'intérêts. La veille s'intègre sur une carte heuristique
- Posterous.com : permet de créer un blog coopératif avec une adresse mail, cette adresse partagée permet à chacun de compiler les articles directement.

Voilà, en l'espace d'une matinée, je me rends compte que ma pratique de veille est loin d'être optimisée... :-(

J'espère que mes deux voisins de séminaire - qui sortent du lot (oui, oui : Guy Pastre et Loic Gervais), vont nous partager dans le cadre des prochaines micro-conférences en ligne FormaVia la présentation de ces outils, vu que pour eux c'est acquis !  ;-)

(en direct d'#Autrans12)

Point d'étape sur la démarche de constitution d'un dossier de preuves (Accès: Public)

il y a 223 jours par Stéphanie Lucien-Brun   Commentaires (0)

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"Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver". René Char

1. Preuves ou traces ?

Dans mon parcours d'apprentissage, chaque pas, chaque tour sur moi-même, retour en arrière, coup d’œil jeté sur le coté, immersion complète dans un projet, rencontre de compagnons de marche, constitution d'équipe relais, est difficile à évoquer sous forme de preuves. Les preuves, dans leur appellation portent une dimension de "vérité affirmée", d'une assertion tangible qui m'éloigne de l'incertain de l'apprentissage, ses égarements, ses oublis, de ce chemin infini, perpétuellement ouvert. Je me retrouve dans l'idée de traces, pas légers, empreintes croisées, qu'un coup de vent fait disparaître et un passage de balai remettra à la surface.
A moins d'être un guide touareg ou d'avoir développé un savoir-faire et une grande expérience, certaines des traces sont indifférenciables, qui les a créées ?

2. Une interdépendance assumée

Dans nombre des projets évoqués dans ce dossier, il s'agit avant tout de travaux menés avec d'autres. "Seule", rien de ce qui est raconté n'existerait. Preuve de mon interdépendance assumée avec l'ensemble de celles et ceux avec qui j'agis.

Et pourtant cette démarche, très auto-centrée, oblige à rendre compte de soi, à sur-utiliser le "je" plutôt que le "nous", à essayer d’extraire ce que "je" pense avoir appris, compris, réalisé, en essayant, avec violence, "malgré moi", de faire abstraction de la puissance de la cognition distribuée qui me relie à l'ensemble des ceux et celles avec qui une majorité des expériences relatées ont été conçues, mises en œuvre et évaluées.

3. Plusieurs dimensions au parcours accompli

Ce parcours de certification est multi-dimensionnel:

- C'est  un parcours individuel fait d'interrogations, sur son sens et sur l'aboutissement de l'investissement fourni. Un certificat ? Son utilité et son usage restent vagues et flous et ne sauraient servir d'éléments de motivation suffisants.
La motivation viendrait plutôt de l'envie de partir à la recherche de ses propres traces, d'épousseter le sable, d'extraire quelques cailloux semés, de se souvenir des gros blocs qui ont été déplacés, sans qu'il n'en reste d'empreintes, envie de devenir archéologue pour (re)découvrir les propres strates du développement de son expérience ?

- C'est un parcours "pionniers", avec ce que peut exprimer d'enthousiasme innocent, pour ne pas dire naïf ou agaçant, ce mot fortement connoté. Pionniers, ceux qui acceptent de partir vers l'inconnu sans savoir au bord de quelle falaise  ou contre quel rempart glacial l'exploration s'arrêtera, l'enthousiasme, le bricolage, la capacité à inventer des micro-solutions ne faisant plus le poids face aux éléments immuables.  

- C'est un parcours collectif qui a posé des jalons de confiance, pour que chacun expose et s'expose aux autres, entendent et prennent en compte leurs retours, remarques, voir critiques. Au delà de la communauté concernée, encore en émergence, le choix du mode de travail implique l'acceptation d'un fonctionnement ouvert, en réseau, en évolution permanente et constamment en réflexion sur sa propre pertinence. 

 

Retour des assises de la médiation numérique : hors les murs (Accès: Public)

il y a 243 jours par francois duport   Commentaires (0)

compte-rendu, territoires, culture numérique

Les assises de la médiation numérique viennent de se terminer. Cela se passait à Ajaccio et les participants ont travaillé sur des chantiers d'avenir. Voici la proudction de notre groupe sur la place de la médiation dans les territoires en dehors des lieux physiques :