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Conception et mise en oeuvre d'outils et de services numériques - Accompagnement technique et support du réseau FormaVia

Un exemple de formation : "Web 2.0" dans le master "Technologies de l'Information et de la Communication dans le Développement Territorial"   Lecture : Public

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Dernière mise à jour le 11 Juillet 2011 par Florian Daniel

Ancien étudiant de ce master 2 professionnel « Technologies de l'Information et de la Communication dans le Développement Territorial », j'avais apprécié les cours proposés et l'intervention d'anciens élèves dans le cadre de la formation.

J'avais cependant regretté et fait savoir l'absence de cours ou d'interventions d'« outillage » web et méthodologique en début d'année, ces cours ayant plutôt lieu dans la deuxième moitié de l'année, et notamment une intervention sur le "web 2.0", très orientée "pratique" des nombreux outils abordés.

Après près de deux ans de veille et d'expérience professionnelle derrière moi dans le domaine en question, l'opportunité de reprendre ce fameux cours s'est présentée, que j'acceptais avec plaisir.

Ma première intervention ne devant avoir lieu qu'en fin d'année, j'avais souhaité mettre en place un projet de réseau social qui devait être « ajusté » par les étudiants eux-même. Un bref passage hors-cours, en tout début d'année avait permis d'en poser les bases, et d'installer l'infrastructure technique, à savoir une solution opensource, et un positionnement comme futur réseau d'anciens élèves. Le principe était de s'appuyer sur les étudiants en cours de cursus pour mobiliser les anciens élèves et les autres publics cibles : enseignants, personnels administratifs, intervenants extérieurs.

 

La première année a permis de dessiner l'apparence (graphique) actuelle du site et d'en définir les premières fonctionnalités : ce travail a demandé un temps considérable de coordination à distance (700km), et l'objet de mon intervention cette année-là a été en partie tournée autour de la mise en place des fonctionnalités de la plateforme et de son animation. Cela correspond en bonne partie à l'objet du cours (« la boîte à outils web 2.0 »), qui a ainsi été abordé de manière théorique, la salle fournie par l'Université ne disposant d'aucune connexion internet (ni d'ordinateur..) pour cette partie du cours.

La seconde partie, en salle informatique, a permis d'aborder ces questions de manière plus concrète, mais autre utilisation de la plateforme sociale que comme support de cours. L'un des objectifs était de fournir des outils de travail collaboratif, de plus en plus utilisés (et en particulier dans les métiers auxquels se destinent la majorité des étudiants de cette formation) mais largement méconnus des étudiants, comme de leurs professeurs. Avec ce type d'outils, la difficulté ne réside pas tant dans la maîtrise technique (bien plus simples que la plupart de leurs équivalents bureautiques classiques), que dans l'évolution des pratiques et des attitudes de travail : autant s'y frotter entre camarades avant de l'expérimenter « grandeur nature ».

 

D'une intervention à l'autre, un an s'écoule, et une nouvelle promotion arrive, que l'on sent sensiblement plus informés d'une année sur l'autre en terme de numérique. Surtout, l'intervention est effectuée en tout début d'année : c'est même en réalité le premier cours de la nouvelle promotion.

Cette fois, la plateforme sociale est prête dès le démarrage, enrichie au passage de quelques améliorations apportées avant et après chaque intervention, en fonction des retours faits par les étudiants, professeurs, et autres utilisateurs.

Le principe du cours est de mettre en scène les concepts mobilisés en utilisant la plateforme comme support de formation, mais tout à incitant aux usages détournés : outil de travail, le « réseau social » doit être approprié comme « sien » pour devenir plus tard l'espace d'échange d'« Anciens » et futurs professionnels. Il s'agit donc d'y intégrer des outils divers, de veille, de cartographie et autre outils collaboratifs ou autres, sans imposer l'utilisation de cette plateforme, mais en donnant les moyens d'intégrer tout outil ou service tiers. Les formulaires permttant de recueillir les réponses à un sondage sont ainsi intégrés dans des pages « wiki » les cartes collaboratives dans des messages de forum, et les présentations d'autres intervenants, publiés directement sous forme de fichier, ou via des services de type slideshare. Les foncionnalités sociales de la plateforme permettent d'expérimenter divers usages sans sacrifier aux questions liées à la maîtrise de ses données personnelles par des facebook et autres google..

Lors de cette deuxième année, un nouveau master du même Département a rejoint la plateforme, et lancé un compte Twitter éponyme, tandis que des usages véritablement pédagogiques se sont développés suite à cette intervention de début d'année, autour de projets menés par d'autres intervenants ou enseignants réguliers, ou par les étudiants eux-même. Le réseau est notamment devenu le support pour plusieurs groupes de travail.

 

A l'issue de ces deux premières interventions, le mélange entre anciens et nouveaux étudiants se fait encore trop doucement : les nouveaux cherchent des contacts, les plus anciens des stagiaires (un stage de fin d'études est imposé dans le cadre de la formation), les autres des collaborateurs ou des contacts sur diverses thématiques, mais cela reste marginal : les usages pédagogiques ou dans le cadre de la formation priment largement, ce qui est certes intéressant, mais trop partiel quant au projet initial.

En parallèle se développe cependant un sentiment d'identité, certes déjà présent, mais qui manquait de support : à l'issue de ces premières promotions, les étudiants créent des groupes sur facebook ou linkedin, qui vivent en partie de leur vie propre, mais renvoient aussi largement sur le réseau qui devient petit à petit l'espace central de la formation.

 

Pour la suite, point de feuille de route détaillée : le lieu existe, l'annuaire aussi, mais l'outil, protéiforme, devra s'adapter à l'air du temps, tout en affirmant les valeurs propres aux formations qu'il abrite, et aux objectifs qui lui s(er)ont assignés, mais devront être partagés pour durer. Dorénavant, tout est question de gouvernance : la balance a d'abord penché vers le réseau communautaire (promotions, rencontres et organisation d'événements entre étudiants), puis vers l'outil pédagogique (groupes de travail, échange étudiants-professeurs, informations administratives). Reste à faire en sorte de prendre le virage du « réseau d'anciens » qui consitue à mon sens l'aboutissement d'un réseau lié à une formation : espace de « réseautage » et d'échange de pratiques, bourse d'emploi, support pour la veille et l'hébergement de groupes de travail thématiques.

L'échange entre populations diverses est riche, et permet de développer les pratiques tant des uns que des autres : la mixité du réseau me paraît fondamentale, entre étudiants, enseignants, personnels et professionnels, mais il sera délicat de maintenir ce fragile équilibre si cette expérimentation « locale » s'élargit et devient stratégique pour l'Université. Quid alors de la présence de professionnels, ou la réorganisation comme outil purement pédagogique, qui pourrait donner le sentiment de ne pas être concerné à certains des membres du réseau naissant ?

 


Merci Florian pour ce récit détailée de ces trois années.

Ce qui me semble intéressant dans tes interrogations finales est effectivement de comment peut s'articuler la volonté d'avoir un "vrai réseau" qui se monte, qui permette aux étudiants, et autres de découvrir comment cela se passe rellement dans le type de collaborations qui peuvent se mettre en place, et en même temps quel est le rapport de l'institution à cette démarche.

J'ai l'impression que pour l'instant tu as fais avancer le projet "à ta sauce", mais quel dialogue s'est noué (ou non) avec l'institution porteuse ? Peut-elle tolérer/accepter/soutenir un réseau dont elle n'a pas eu l'idée, ne maîtrise pas la mise en oeuvre ?

Raconte nous la suite !!

Stéphanie

Stéphanie Lucien-Brun le 12 Juillet 2011

En ce qui concerne le rapport à l'institution, cela se passe à un niveau encore très discret. Le directeur du master est largement "dans le coup" puisque le projet a été comploté ensemble, voire plutôt à son initiative ;-)  Mais il se trouve que cela croisait un autre projet, hors-institution, que nous évoquions entre "anciens", et qu'il nous a paru intéressant de relier; autant ne pas disperser les efforts.

Pour lui donc, le projet était d'"embarquer" les autres intervenants et professeurs dans l'aventure, et le "cahier des charges" du réseau de ce point de vue-là était : permettre le dépôt de fichiers, la diffusion d'annonces collectives et du calendrier des cours, et faciliter les échanges au sein de groupes de travail.

En ce qui concerne le réseau d'ancien, le principe était de partir d'un annuaire commun que nous pensions faire animer en partie par les nouvelles promotions - forces vives susceptibles d'avoir des attentes fortes vis-à-vis des "anciens" qui pourraient leur proposer des stages, des pistes, des soutiens. Dans ce jeu, la dynamique est inclusive est chacun s'y retrouve suffisamment pour qu'on puisse imaginer que cela focntionne. La réalité montre que le réseau a une sorte de vie propre, mais je ne crois pas que cela soit très grave : c'est même plutôt rassurant que l'objet commun soit investi de visions en partie partagées, sans être identiques.

Il faut peut-être ajouter que l'université dont il est ici question offre une grande autonomie aux webmestres des sites de ses diverses composantes et entités, qui gèrent plus ou moins comme elles l'entendent leur présence en ligne, sur les serveurs mututalisés mis à leur disposition par le CICT. J'avais notamment pu vérifier ça quelques années plus tôt quand j'avais demandé et obtenu (au nom d'un collectif) l'utilisation d'un espace web au nom de la "Maison des Etudiants" de l'Université. Cela fonctionnait sur la confiance et la légitimité reconnue de chacun, et c'était plutôt agréable ! Je ne sais pas si cela va évoluer, mais vu "de loin" maintenant cela me paraît toujours ouvert comme approche.

 

Ce projet de réseau "du master" s'inscrit également dans une "tradition" d'outils numériques en ligne opérés par cette formation (dont la spécialité depuis 1999 est tout de même l'intégration des TIC, dans le champ de l'aménagement du territoire) : depuis des sites éditoriaux (SPIP) à des wikis (Mediawiki) en passant par des "Yahoo groupes" et autres sites gérés par les étudiants, mais toujours au nom de la formation.

Quelques autres tentatives "périphériques" avaient vu le jour en parallèle, sur un site "free.fr" en particulier, qui souhaitaient préfigurer un réseau d'ancien, vieux credo toujours motivant mais difficile à mettre en place une fois en activité ! Les accès de ce site ont transité entre de nombreuses mains et plusieurs choses se sont empilées dessus au fil des années (émotion émotion en fouillant dans ces strates documentaires !!), mais cela n'avait pas vraiment vu le jour.

 

Difficile de dire où cela va aller ; je ne pense pas que cela destabilise l'institution, dans la mesure où au contraire c'est en quelque sorte la démonstration qu'une formation dont les TIC sont l'objet sait se saisir de ces outils numériques. Je crains plutôt que cela ne se passe dans une certaine indifférence, tant il y a de ressources et de sites multiples dans l'écosystème universitaire, mais qui ne sont pas forcément toujours très bien identifiés par les étudiants. Surtout, le site est plus proche d'un intranet que d'un site web (qu'il complète mais ne remplace pas), et donc peu visible de ceux qui n'en sont pas membres (je ne vous parle même pas de l'adresse à rallonge...).

En terme de dialogue, mes interlocuteurs sur place sont les responsables des deux masters impliqués, mais je n'ai pas de rapport avec l'institution dans son ensemble - eux oui, mais je n'ai pas l'occasion d'évoquer le sujet très souvent non plus, et cela progresse de manière saccadée en fonction des interventions.

Cette année (beaking news !) le nombre d'heures double, et l'intervention sera divisée en deux : en début et fin d'année. Sans doute de quoi expérimenter un peu plus en profondeur en proposant un projet "suivi".

 

Florian Daniel le 12 Juillet 2011